‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 4)Chapitre 229 sur 324 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Avec ce gros air campagnard.

On va te jeter à la porte.

BENOIT

Laissons faire le hasard.

JAVOTTE, poussant un cri.

On vient !

BENOIT

Non, non, — ce n'est personne.

JAVOTTE

On n'eut jamais d'effroi pareil.

Partiras-tu si je te donne Un bon conseil ?

BENOIT

Un conseil? C'est bien peu. — Donne-le tout de même.

JAVOTTE

Nous faisons aujourd'hui notre entrée à la cour, Et nous serions d'une exigence extrême.

BENOIT

Alors?

JAVOTTE

Reviens un autre jour.

BENOIT

On me renvoie à ma cabane; Je ne serais bon à rien.

Si je suis paysan, n'es-tu pas paysanne ?

JAVOTTE

Mais, moi, je prends des leçons de maintien.

BENOIT

Tu prends des leçons ?

En cachette.

Ces dames n'ont jamais achevé leur toilette, On me donne un peu de leur part.

BENOIT

Cela te coûte cher ?

JAVOTTE

Rien du tout. — C'est pour l'art.

BENOIT

Des leçons de maintien ?

JAVOTTE

Et de belles manières.

BENOIT

Mais, moi, j'en prendrais bien aussi.

JAVOTTE

En dix leçons particulières Tu serais dégrossi.

Ce professeur, alors, est un grand homme ? i a v o r t fi.

Très célèbre, dit- on.

BENOIT

11 se nomme ?

Monsieur Mrlon.

BENOIT

Où loge-t-il ?

Page 1