‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 4)Chapitre 243 sur 324 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

MITON, AGATHE, CHIMÈNE, ANGÉLIQUE, PHI- LOMÈLE, LA MARQUISE, FLARAMBEL et LA BLUETTE, cachés, puis MERLUSSAC et GAUTRU.

LA MARQUISE, d'un ton solennel.

Un motif grave m'amène.

Approchez, Agathe et Chimène.

Elles avancent toutes les quatre sans se séparer. Miton joue une ritournelle pour détourner l'attention de la marquise.

LA MARQUISE

Qu'est cela?

C'est un trait.

LA MARQUISE, tr. s troublée.

J'avais mon discours tout prêt.

Mais vous m'avez troublée. — Il est l'heure, ô mes filles, De songer à l'avenir...

Vos futurs maris vont venir.

LES JEUNES FILLES

Hein?

Miton exécute des trilles furibonds.

LA MARQUISE

Qu'est-ce encore?

Quelques trilles.

PACO ME, revenant.

Monsieur de Merlussac, avec monsieur Gautru.

LA MARQUISE

Déjà! — L'un est baron; il vient pour vous, Agathe. Et l'autre... Mais quittez ce maintien d'automate.

Elle s'approche de ses filles et voit les jeunes gens. Ils veulent fuir. — mais le baron et le financier vont entrer; ils se sauvent à droite et les jeunes filles courent se ranger devant eux pour les cacher encore.

Ciel ! que vois-je ! Grand Dieu ! mes filles ! qui l'eût cru ! Fermez la porte. Empêchez qu'on ne vienne.

MERLUSSAC, à la porte.

Marquise !

LA MARQUISE

C'est fini... je meurs... qu'on me soutienne!

Miton veut la soutenir. Elle se redresse indignée. — Les jeunes filles tenant leurs robes pour mieux cacher les jeunes gens, restent raides et immobiles, — Miton va chercher un paravent placé à gauche et le transporte doucement et lentement à droite, s'arrètant toutes les fois que Merlussac et Gautru le regardent.

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