‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 4)Chapitre 245 sur 324 · G AIT RU · texte numérisé non relu

G AIT RU

Je ne vois plus de borne au mien.

MERLUSSAC, prenant un écrin dans la poche de Gautru.

Puis-je au moins suspendre, moi-même, A votre cou Ce modeste bijou ?

GAUTRU, tirant de sa poche un autre écrin.

Faveur suprême!

Puis-je, seulement, Poser sur votre front charmant Ce diadème?

Ils avancent avec leurs bijoux. Ils vont découvrir les amoureux. La marquise ferme les yeux. Les jeunes filles sont tremblantes.

AGATHE et CHIMÈNE, bas.

Que faire?

PHILOMÈLE, bas.

Refusez.

MERLUSSAC, s' avançant.

Inclinez- vous un peu.

AGATHE

Nous ne portons jamais de bijoux.

CHIMÈNE

C'est un vœu.

MERLUSSAC.

Belles comme le jour! et pas même coquettes!

GAUTRU, vivement.

Ne contrarions pas ces vertueux penchants.

MERLUSSAC.

Ce sera donc pour les cadettes.

ANGÉLIQUE

Nous non plus.

PHILO MÊLE

Nous n'aimons, nous, que les fleurs des champs .

MERLUSSAC .

Gautru, nous ne devions apporter que des roses.

GAUTRt;.

Je te l'ai dit, baron.

MERLUSSAC .

Il en est encor temps.

GAUTRU.

Oui, je comprends à demi-mot les choses; Nous allons, dans quelques instants...

MERLUSSAC.

Déposer à vos pieds tout ce que le printemps A de fleurs écloses.

GAUTRU.

Vous ne verrez plus céans...

MERLUSSAC.

Que montagnes de fleurs.

GAUTRU.

Des lacs !

MERLUSSAC.

Des océans!

GAUTRU, à part.

Je suis le plus heureux des hommes.

MERLUSSAC, de même.

Je suis un heu t eux coquin.

Ils se dirigent vers la porte.

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