ACTE DEUXIÈME
Tu ne sais pas les principes, Et tu t'émancipes !
BENOIT
Je crois qu'il m'a tutoyé.
MI TON
C'est avec des moutons que tu t'es coudoyé.
BENOIT
Je n'aime pas qu'on me conseille.
Et tu te crois parfait du jour au lendemain.
BENOIT, le menaçant.
Quel est ce ton, faquin?
MI TON, étonné, avec satisfaction.
Il l'a bien dit.
BENOIT
Veux-tu qu'on te coupe une oreille?
M I T O N , satisfait.
Une oreille! Pas mal. Pas mal.
BENOIT
Drôle !
Très bien.
BENOIT
Me crois-tu ton égal ?
MITON
Bravo !
BENOIT, levant sa canne.
Sais-tu que je me tiens à quatre?
Maître sot ! maroufle impoli!
MI TON, ravi.
Il veut me battre ; Il est accompli.
BENOIT, se radoucissant.
Rassure-toi, Miton, je te pardonne.
Ah ! monseigneur me comble.
BENOIT
Oui, oui, cela t'étonne.
S'appuyant sur ?on épaule.
Laisse-moi m'appuyer.
MITON
C'est trop d'honneur.
BENOIT
J'ai peur de m'ennuyer.
Un prince de ma connaissance, Chez lequel mon oncle est... admis Comme cuisinier de naissance, Est toujours entouré d'amis.
C'est à qui l'admire et l'encense, On le mettrait dans du coton ; Moi, je n'ai que toi, Miton.
Vous aurez des amis, monseigneur.
BENOIT
Bon apôtre!
Cela pousse tout seul autour des gens heureux. Ainsi que le lierre autour des arbres creux.
Flarambel entre.
Et tenez, j'en vois un.
BENOIT
Déjà?
La Bluellepnraît MI TON .
J'en vois un autre.
BENOIT
Ce sont des inconnus.
MITON
Bah ! bah ! vous allez voir.