‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 4)Chapitre 28 sur 324 · SCÈNE XIV BRIGHANTEAU, FRÉDÉRIC · texte numérisé non relu

SCÈNE XIV BRIGHANTEAU, FRÉDÉRIC

IHUCHANTEAU.

Je prends une vieille demoiselle laide, qu'on me garantit vénérable, mais elle entre chez Briehanteau. Et de quoi peut-on parler aux femmes chez Briehanteau!... On ne s'imagine pas que j'ai le culte des jeunes filles, moi. Je les aime comme on aime des objets d'art. Je les respecte comme des tableaux de maître, et j'entends qu'on les respecte ainsi chez moi.

FRÉDÉRIC

C'est un Briehanteau nouvelle manière que vousjn 'offrez.

BRICHANTEAU

Je n'ai jamais varié.

FRÉDÉRIC

Oh ! par exemple !

Non, monsieur, non, jamais.

FRÉDÉRIC, avec douceur.

Je ne veux pas vous contrarier.

BRICHANTEAU

J'ai une façon d'être à moi avec les femmes.

FRÉDÉRIC

Vous en avez adoré beaucoup.

BRICHANTEAU

J'en ai adoré beaucoup parce que je suis panthéiste en vi. 3.

amour. Une passion de quinze jours suffit à toutes mes aspirations, mais c'est autre chose.

FRÉDÉRIC

De là à passer pour un homme vertueux...

BRICHANTEAU

Il ne s'agit pas de vertu.

FRÉDÉRIC

Je ne veux pas vous contrarier, (changeant de ton.) Vous devez être à quatre heures chez la Folkani.

BRICHANTEAU

Oui, à quatre heures. (Apres une pause.) Je ne suis pas sûr d'y aller.

Vous ne rêviez depuis deux jours qu'à ce rendez-vous.

BRICHANTEAU

Je suis toujours amoureux fou dans ces occasions-là, moi, par principe.

FRÉDÉRIC

Vous la trouviez superbe.

BRICHANTEAU

On ne serait jamais séduit par ces demoiselles si on ne les trouvait pas' superbes, de parti pris, et même avec un peu d*effort.

FRÉDÉRIC

Oh! permettez, votre première impression...

BRICHANTEAU

La première impression, à mon âge, on ne la reçoit pas, on l'apporte. Mais pourquoi diable me parlez-vous de la Folkani, quand vous me voyez troublé par un événement de la plus haute gravité ?

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