SCÈNE XIV BRIGHANTEAU, FRÉDÉRIC
IHUCHANTEAU.
Je prends une vieille demoiselle laide, qu'on me garantit vénérable, mais elle entre chez Briehanteau. Et de quoi peut-on parler aux femmes chez Briehanteau!... On ne s'imagine pas que j'ai le culte des jeunes filles, moi. Je les aime comme on aime des objets d'art. Je les respecte comme des tableaux de maître, et j'entends qu'on les respecte ainsi chez moi.
FRÉDÉRIC
C'est un Briehanteau nouvelle manière que vousjn 'offrez.
BRICHANTEAU
Je n'ai jamais varié.
FRÉDÉRIC
Oh ! par exemple !
Non, monsieur, non, jamais.
FRÉDÉRIC, avec douceur.
Je ne veux pas vous contrarier.
BRICHANTEAU
J'ai une façon d'être à moi avec les femmes.
FRÉDÉRIC
Vous en avez adoré beaucoup.
BRICHANTEAU
J'en ai adoré beaucoup parce que je suis panthéiste en vi. 3.
amour. Une passion de quinze jours suffit à toutes mes aspirations, mais c'est autre chose.
FRÉDÉRIC
De là à passer pour un homme vertueux...
BRICHANTEAU
Il ne s'agit pas de vertu.
FRÉDÉRIC
Je ne veux pas vous contrarier, (changeant de ton.) Vous devez être à quatre heures chez la Folkani.
BRICHANTEAU
Oui, à quatre heures. (Apres une pause.) Je ne suis pas sûr d'y aller.
Vous ne rêviez depuis deux jours qu'à ce rendez-vous.
BRICHANTEAU
Je suis toujours amoureux fou dans ces occasions-là, moi, par principe.
FRÉDÉRIC
Vous la trouviez superbe.
BRICHANTEAU
On ne serait jamais séduit par ces demoiselles si on ne les trouvait pas' superbes, de parti pris, et même avec un peu d*effort.
FRÉDÉRIC
Oh! permettez, votre première impression...
BRICHANTEAU
La première impression, à mon âge, on ne la reçoit pas, on l'apporte. Mais pourquoi diable me parlez-vous de la Folkani, quand vous me voyez troublé par un événement de la plus haute gravité ?