ACTE TROISIÈME V
MITON
Non pas, Agathe et Chimène
Épouseront Merlussac et Gautru,
Cette semaine.
Et les jeunes marquis ?
MITON
Je prends part à leur peine, Mais tout est convenu.
Oh ! les pauvres demoiselles !
MITON
Leur grand frère, disent-elles,
S'est chargé de leur bonheur.
Laissons-les dans cette erreur.
Le gaillard donne un bal, sans consulter personne. Invitant Dieu sait qui, les passants, je soupçonne Où donc est-il ?
JAVOTTE
Il est sous clé.
Ali! on a peur de mon écervelé.
Mais, dans cette fêle bouffonne, C'est lui que tu cherchais, mignonne?
JAVOTTE
Non. Je sais maintenant qu'il n'y faut plus penser.
MITON
Tu feras une autre conquête.
JAVOTTE
Madame avec monsieur causaient en tète à tête,
Le hasard m'a fait passer.
J'entendais : « Voix du sang, mensonge, stratagème! » D'ailleurs, il vous ressemble. »
Ah bah!
JAVOTTE
Et j'ai compris Que Benoit est le fils naturel du marquis.
MITON, à part, triomphant.
J'en étais sûr. Voilà qu'il s'y trompe lui-même.
PACO ME, accourant éploré.
Ah! monsieur! Quel malheur!
Quoi? Qu'est-il arrivé?
PACOME.
Le comte Benoît s'est sauvé.
On l'a vu cette nuit, chantant et faisant rage,
En buvant le vin du cru
Dans un tripot du voisinage,
Ensuite il a disparu.
JAVOTTE
Et toi, tu restes là sans souci de ton maître?
MITON , â part.
Elle l'aime toujours !
PACOME.
Il reviendra peut-être.
JAVOTTE
Ah! tu n'as pas de cœur!
Elle sort vivement.