‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 4)Chapitre 292 sur 324 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

PACOME.

Les bagarres me font peur.

MITON

J'aurais dû la suivre.

PACOME, criant.

Monsieur, c'est lui! Quel bonheur!

Je crois, palsambleu ! qu'il est ivre.

Ça ne lui va pas mal; il est né grand seigneur.

scè.ne iii

BENOIT, MITON, PACOME.

BENOIT

Benoit est en fort piteux état; — sa perruque a fort mauvaise mine, ses habits son déchirés. — Il s'avance avec un air lamentable, et Ba démarche esl encore ma assurée.

Porter l'épée est agréable,

Mais quelquefois c'est bien gênant :

J'aurais donné la mienne au diable:

Je sais m'en servir maintenant.

Hier, j'ai sauté par la fenêtre, Et j'ai couru dans un tripot, Jouant et jurant comme un reître, v Buvant à tire-larigot.

J'ai tout perdu, tout... et le reste; Ce bel habit n'est plus à moi, Je dois ma perruque et ma veste :

Vous devinez mon désarroi.

Le vin d'Anjou me rend folâtre Et je tape sur mes amis, .Mais ils me battent comme plâtre, Et vous voyez comme ils m'ont mis.

Porter l'épée est agréable, Mais quelquefois c'est bien gênant; J'aurais donné la mienne au diable Je sais m'en servir maintenant.

Et comment t'en sers-tu?

BENOIT

Comme d'une breloque!

Je revenais en rêvant Et je riais au vent.

Un passant croit que je me moque.

Il crie : « Halte là, fanfaron! »

Je le regarde; — il m'appelle : « Poltron! » Je veux le battre, il prend la mouche. « Votre épée est-elle en plomb?

e En garde! » — Il fond sur moi. — Mais avant qu'il me Je tombe mort avec aplomb. [touche,

MIT ON

Pas mal.

BENOIT

Le spadassin, stupéfait, prend la fuite. Je me relève, alors, et je m'assieds, Tout fier de ma noble conduite.

Que quelqu'un, maintenant, me marche sur les pieds!

PACOME.

Et moi qui vous pleurais, monsieur, depuis une heure!

BENOIT, vivement.

Je n'aime pas qu'on me pleure.

A Uilon.

Qu'a pensé lo marquis, mon père?

Il ne sait rien.

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