SCÈNE XII BRICHANTEAU, SAVOURETTE, puis GONTRAN
SAVOURETTE, visiblement embarrassé.
Monsieur, vous êtes très connu à Paris, je le savais, et votre départ pour la province a fait quelque bruit.
BRICHANTEAU
Eh bien, monsieur Savourello:'
SAVOURETTE.
Un journal a insinué que votre propriétaire vous avait donné congé parce qu'il avait une jolie femme.
BRICHANTEAU
Ah! ah!
SAVOURETTE.
Et tous les amis que je rencontrais hier faisaient une étrange grimace, en me souriant affectueusement, d'ailleurs.
Vraiment?
SAVOURETTE.
Je n'y ai pas tenu. Je suis parti.
BRICHANTEAU
Pour fuir les sourires affectueux?
SAVOURETTE.
Il y a autre Chose. (Prenant dans sa poche une photographie.) Con-
naissez-vous cela?
BRIGUANT EAU, sans se déconcerter.
C'est une photographie.
SAVOURETTE.
C'est le portrait de ma femme.
BR I CHANTE AU, de même.
Ah! ah! charmante!
SAVOURETTE.
Voulez-vous m 'expliquer comment cette photographie se trouvait, avec quelques autres, au fond d'un vase de Sèvres, sur la cheminée de votre chambre d'amis?
BRICHANTEAU
Vous êtes entré chez moi?
SAVOURETTE.
Comme propriétaire.
BRI CHANT EAU
Vous n'en aviez pas le droit.
SAVOURETTE.
Vous étiez parti en laissant une lampe allumée.
BRIC HANTE AU
Elle se serait éteinte.
SAVOURETTE.
C'est ce qu'elle a l'ait.
BRTCHANTEAU.
Alors?