‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 4)Chapitre 66 sur 324 · SCÈNE XII BRICHANTEAU, SAVOURETTE, puis GONTRAN · texte numérisé non relu

SCÈNE XII BRICHANTEAU, SAVOURETTE, puis GONTRAN

SAVOURETTE, visiblement embarrassé.

Monsieur, vous êtes très connu à Paris, je le savais, et votre départ pour la province a fait quelque bruit.

BRICHANTEAU

Eh bien, monsieur Savourello:'

SAVOURETTE.

Un journal a insinué que votre propriétaire vous avait donné congé parce qu'il avait une jolie femme.

BRICHANTEAU

Ah! ah!

SAVOURETTE.

Et tous les amis que je rencontrais hier faisaient une étrange grimace, en me souriant affectueusement, d'ailleurs.

Vraiment?

SAVOURETTE.

Je n'y ai pas tenu. Je suis parti.

BRICHANTEAU

Pour fuir les sourires affectueux?

SAVOURETTE.

Il y a autre Chose. (Prenant dans sa poche une photographie.) Con-

naissez-vous cela?

BRIGUANT EAU, sans se déconcerter.

C'est une photographie.

SAVOURETTE.

C'est le portrait de ma femme.

BR I CHANTE AU, de même.

Ah! ah! charmante!

SAVOURETTE.

Voulez-vous m 'expliquer comment cette photographie se trouvait, avec quelques autres, au fond d'un vase de Sèvres, sur la cheminée de votre chambre d'amis?

BRICHANTEAU

Vous êtes entré chez moi?

SAVOURETTE.

Comme propriétaire.

BRI CHANT EAU

Vous n'en aviez pas le droit.

SAVOURETTE.

Vous étiez parti en laissant une lampe allumée.

BRIC HANTE AU

Elle se serait éteinte.

SAVOURETTE.

C'est ce qu'elle a l'ait.

BRTCHANTEAU.

Alors?

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