‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 4)Chapitre 68 sur 324 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

SAVOURETTE, voulant l'arrêter.

Monsieur...

BRICHANTEAU, avec le même calme.

Pardon, monsieur. Ce ne sera pas long.

n sort.

SAVOU BETTE, s' exaspérant de plus en plus. Quand On dit à Un homme... (il s'arrête en voyant Contran, qui, un journal à la main, le regarde en riant.) Pourquoi riez-VOUS ?

CONTRAN.

C'est si drôle!

SAVOURETTE, avec colère.

Qu'est-ce qui est drôle !

GONTRAN

Le Furet de ce matin raconte pourquoi monsieur a donné congé à monsieur.

SAVOURETTE.

A Montauban aussi !

CONTRAN, à part.

Moi, je m'en doutais.

SAVOURETTE, à lui-même, avec agilation.

Je ne peux pas vivre dans cette situation. Je vais correspondre avec ma femme par le télégraphe.

Il sort furieux au moment ou Briiiianteau revient. BRICHANTEAU, .tonné.

Où courez-vous donc, monsieur Savourette?

SAVOURETTE.

Nous nous reverrons, je vais causer avec ma femme.

BRICHANTEAU

Sa femme est ici ?

GONTRAN

Non, monsieur, il va causer par le télégraphe.

BRICHANTEAU

Ah!

GONTRAN

Monsieur a l'air satisfait.

BRICHANTEAU

Oui, je me suis un peu détendu les nerfs. Informe-toi du régiment qui est en garnison ici, et prends le nom de quelques officiers.

Monsieur a une affaire ?

BRICHANTEAU

Ça ne te regarde pas. (a part.) J'avais besoin de cette diversion.

GONTRAN

J'attends depuis tantôt que monsieur soit seul, pour le prévenir qu'il y a quarante-sept fenêtres qui donnent sur ce jardin.

BRICHANTEAU

Voilà qui m'est bien égal.

GONTRAN

C'est que, lorsqu'il fait clair de lune, comme la nuit dernière...

BRICHANTEAU

Eh bien?... Achève donc.

GONTRAN

Un valet de chambre qui se respecte ne pénètre jamais dans les secrets de son maître.

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