ACTE DEUXIÈME
SAVOURETTE, voulant l'arrêter.
Monsieur...
BRICHANTEAU, avec le même calme.
Pardon, monsieur. Ce ne sera pas long.
n sort.
SAVOU BETTE, s' exaspérant de plus en plus. Quand On dit à Un homme... (il s'arrête en voyant Contran, qui, un journal à la main, le regarde en riant.) Pourquoi riez-VOUS ?
CONTRAN.
C'est si drôle!
SAVOURETTE, avec colère.
Qu'est-ce qui est drôle !
GONTRAN
Le Furet de ce matin raconte pourquoi monsieur a donné congé à monsieur.
SAVOURETTE.
A Montauban aussi !
CONTRAN, à part.
Moi, je m'en doutais.
SAVOURETTE, à lui-même, avec agilation.
Je ne peux pas vivre dans cette situation. Je vais correspondre avec ma femme par le télégraphe.
Il sort furieux au moment ou Briiiianteau revient. BRICHANTEAU, .tonné.
Où courez-vous donc, monsieur Savourette?
SAVOURETTE.
Nous nous reverrons, je vais causer avec ma femme.
BRICHANTEAU
Sa femme est ici ?
GONTRAN
Non, monsieur, il va causer par le télégraphe.
BRICHANTEAU
Ah!
GONTRAN
Monsieur a l'air satisfait.
BRICHANTEAU
Oui, je me suis un peu détendu les nerfs. Informe-toi du régiment qui est en garnison ici, et prends le nom de quelques officiers.
Monsieur a une affaire ?
BRICHANTEAU
Ça ne te regarde pas. (a part.) J'avais besoin de cette diversion.
GONTRAN
J'attends depuis tantôt que monsieur soit seul, pour le prévenir qu'il y a quarante-sept fenêtres qui donnent sur ce jardin.
BRICHANTEAU
Voilà qui m'est bien égal.
GONTRAN
C'est que, lorsqu'il fait clair de lune, comme la nuit dernière...
BRICHANTEAU
Eh bien?... Achève donc.
GONTRAN
Un valet de chambre qui se respecte ne pénètre jamais dans les secrets de son maître.