ACTE TROISIÈME
GONTRAN, à part.
C'est la troisième fois depuis ce matin ! (Haut.) Mais, monsieur, mademoiselle Geneviève n'est pas ici !
BRIC HANTE AU
Ah ! oui ! C'est vrai !
Il se remet à regarder le boulevard. Embelline paraît à la porte de l'antichambre. GONTRAN, surpris.
Mademoiselle Embelline!... (il lui fait signe de se taire, ut la prenant par la main avec mystère, il la fait avancer de quelques pas.) Si VOUS
voulez voir un homme heureux, — vous n'en avez petitèlre jamais vu, — regardez monsieur !
EMBELLINE, étonnée.
Il fume en dormant.
GONTRAN
Il ne dort pas, il écoute les bruits du boulevard. (Toujours à voix basse.) Comment êtes-vous ici ?
EMBELLINE.
Nous sommes arrivés ce matin.
GONTRAN, galant.
Je regrette bien que nous n'ayons pas voyagé dans le même train.
EMBELLINE, pudique.
Il paraît que les fiancés ne peuvent pas voyager ensemble.
GONTRAN
Est-ce bête!
EMBELLINE.
Madame m'envoie demander à monsieur...
BRICHANTEAU, toujours sans bouger.
Contran !
Monsieur !
BRICHANTEAU
Que fais-tu ici?
GONTRAN, embarrassé.
Monsieur...
BRICHANTEAU
Tu me gènes.
GONTRAN, s' enhardissant.
Je venais dire à monsieur que sa future belle-mère...
BRICHANTEAU, autant gjr son fauteuil, puis se remettant à sou'ire.
Vous avez des mots drôles, vous.
CONTRAN.
C'est sans le savoir, monsieur.
BRICHANTEAU, avec calme.
Continuez.
CONTRAN.
Madame Pontaubert...
BRICHANTEAU, inquiet.
Elle est à Paris ?
CONTRAN.
La famille est arrivée, ce matin, tout entière.
Ils m'ont suivi!... C'est adorable! Continuez, Gonlran.
CONTRAN.
Madame Pontaubert envoie mademoiselle Embelline...