ACTE TROISIÈME
BRICHANTEAU
Us ont emmené la bonne ! C'est divin ! Où est-elle, mademoiselle Embelline ?
GONTRAN
La voici, monsieur,
BRICHANTEAU, la regardant.
Ah!
EMBELLINE, très timidement.
Madame m'envoie demander à monsieur...
BRICHANTEAU, l'interrompant et la regardant toujours.
Vous n'aviez pas cette jolie frimousse à Montauban.
EMBELLINE, naïvement.
Si. monsieur !
BRICHANTEAU
Non. C'est l'influence des milieux.
EMBELLINE.
Madame m'envoie demander à monsieur à quelle heure monsieur pourra la recevoir.
BRICHANTEAU, avec calme.
Ah ! mon Dieu ! Ici, devant cette fenêtre, quand je suis prévenu, je peux tout braver. Savez-vous ce qu'elle a de si urgent à me dire, madame Pontaubert ?
EMBELLINE.
Elle veut sans doute parler à monsieur de la corbeille.
BRICHANTEAU, sautant.
Ah ! (Avec calme.) Vous aussi, vous avez des mots drôles.
EMBELLINE, toujours très timide.
Que répondrai-je à madame ?
BRICHANTEAU
Répondez-lui que je la recevrai toujours avec joie.
EMBELLINE.
Madame sera bien heureuse ! Elle est si contente quand elle calcule que l'on pourra fixer le jour de la noce.
BRICHANTEAU
Déjà ?
E M B E L L I N E , avec inquiétude.
Monsieur veut retarder ?
BRICHANTEAU, étonné.
Est-ce que cela vous intéresse, mademoiselle Embelline ?
EMBELLINB.
Oui, monsieur... M. Gontran m'a promis de m'épouser le même jour.
Ah ! le traître !
EMBELLINE, en sortant, bas, à Gontran.
Est-ce que nous ne pourrions pas nous marier avant lui ?
GONTRAN, vivement.
Oh ! non ! ça le blesserait.