‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 4)Chapitre 80 sur 324 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

province grossit reprennent vite leurs vraies proportions!... Gontran !

GONTRAN

Monsieur !

BRICHANTEAU

Appelez donc Geneviève.

GONTRAN

Mais, monsieur, mademoiselle Geneviève n'est pas ici.

BRICHANTEAU

Ah ! oui, c'est vrai ! M. de Fougerolles n'est pas venu ?

Pas encore, monsieur.

BRICHANTEAU

Je n'ai pas de lettres ?

GONTRAN

Il y en a une de Montauban.

BRICHANTEAU, souriant.

De Montauban ?

GONTRAN

Je négligeais de la donner à monsieur !

BRICHANTEAU, après l'avoir ouverte.

On m'envoie le bulletin de la santé de Casimir Bombelles.

GONTRAN

Il paraît que monsieur lui a donné un bien joli coup d'épée dans l'estomac.

BRICHANTEAU

Je n'ai pas appuyé... ce ne sera rien.

GONTRAN

Monsieur ignore que madame Pontaubert avait prévenu les gendarmes.

BRICHANTEAU

Bah !

C'est moi qui les ai dépistés. J'ai prêté un paletot de monsieur au jardinier qui ressemble un peu à monsieur, vu de dos... j'ai mis deux bâtons sous ma jaquette, et en passant devant la gendarmerie, j'ai dit d'une voix inquiète: a Soyez prudent, mon cher... »

BRICHANTEAU, riant.

Mon cher Brichanteau !

GONTRAN

Je n'osais pas le répéter. Les gendarmes nous ont suivis, et monsieur a pu se battre tranquille.

BRICHANTEAU

Vous êtes ingénieux.

GONTRAN

Quand monsieur me rend justice, c'est comme s'il augmentait mes gages.

BRICHANTEAU

Je les augmenterai.

GONTRAN

J'en suis flatté, mais ce n'est pas l'argent qui m'attache à monsieur. On m'a offert cinq mille francs chez un ancien droguiste, qui veut faire le prince. J'ai refusé. (Avec noblesse.) Je ne consentirai jamais à servir que mes égaux.

BRICHANTEAU, étonné.

Qu'appelez-vous vos égaux ?

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