ACTE TROISIÈME
B1UCIIANTEAU.
Je n'en sais rien. Je ne m'en inquièle plus.
FRÉDÉRIC
Savez- vous qu'au club il y a des paris?
BRICHANTEAU
Allons donc !
FRÉDÉRIC
On prend généralement votre future à cent contre un.
BRIC H AN TE AU, vivement.
C'est une plaisanterie que je ne tolérerai point.
FRÉDÉRIC
Ne mettez pas flamberge au vent.
J'ai affaire à un père et à une mère ridicules; mais il y a aussi une jeune fille de dix-huit ans qui est charmante, qui a été très bonne avec Geneviève, et je ne souffrirai pas une seule allusion désobligeante pour elle.
FRÉDÉRIC
Vous n'empêcherez pas de trouver drôle ce qui vous arrive?
BRICHANTEAU
Je le trouve drôle moi-même, archi-drôle, personne ne le trouve plus drôle que moi, mais je défends qu'on en rie.
FRÉDÉRIC
Je n'en rirai plus, cher ami.
BRICHANTEAU
Vous ne me demandez pas des nouvelles de Geneviève ?
FRÉDÉRIC
Elle est restée dans le Midi ?
BRICHANTEAU
Elle est revenue avant moi.
FRÉDÉRIC
Seule ?
BRICHANTEAU
J'ai été atteint dans le Tarn-et-Garoane d'un si prodigieux respect pour les convenances, que je ne me serais pas permis de voyager avec une demoiselle, de peur de scandaliser les^chefs de gare et les surveillants de la ligQe... Voilà où j'en suis arrivé ; et comme je ne voulais sous aucun prétexte la laisser à madame Pontaubert, comme j'avais un duel le lendemain...
FRÉDÉRIC
Vous avez eu un duel ?
BRICHANTEAU
Avec un imbécile... rien ne m'a manqué... j'ai coufié cette pauvre mignonne à un juge de Montauban, qui venait à Paris avec sa femme, pour voir sa belle-mère. Est-ce assez correct ? Et vous voyez, elle n'est pas cbez moi. Le juge, qui est un homme charmant, il y en a aussi, m'a offert de la garder quelques jours chez sa belle-mère jusqu'au moment où j'aurai découvert une gouvernante. Vous n'en connaissez pas ?
FRÉDÉRIC
Non.
BRICHANTEAU
Ah! M. Savourette! M. Savourette va nous distraire.