ACTE TROISIÈME
PONTAUBERT, jouant la colère.
Aménaïde, je cherche des expressions assez violentes pour rendre ma pensée.
MADAME PONTAUBERT, à Brichanteau .
Ah ! monsieur. Vous n'êtes plus ce que vous étiez à Montauban.
BRICHANTEAU
Mais si, madame, à peu près.
MADAME PONTAUBERT.
Je n'abaisserai pas ma dignité de mère en insistant. (a?cc des larmes,) Je n'en aurais pas la force.
Ah ! la scène des larmes, je n'avais pas prévu ça.
MADAME PONTAUBERT.
Vous avez bouleversé l'âme d'une jeune fille, et scandalisé tout un département.
BRICHANTEAU
Mais non, madame !
MADAME PONTAUBERT.
Demain, vous regretterez vos paroles de tout à l'heure. Venez, Baptistin, M. Brichanteau épousera ma fille. On ne peut parler avec cette insolence qu'à sa belle-mère !
SCÈ.NE VIII BRICHANTEAU, SAVOURETTE.
SAVOURETTE, à Brichanteau.
Elle a tort de se préoccuper. Vous ne refusez pas ?
BRICHANTEAU
Mais, monsieur, de quoi vous mêlez-vous ?
SAVOURETTE.
Je suis intéressé dans la question. Relisez votre bail, j'y ai ajouté quelques clauses nouvelles.
BRICHANTEAU
Pour m'obliger à épouser mademoiselle Pontaubert ?
Il est résiliable de plein droit, si vous n'êtes pas marié dans deux mois.
BRICHANTEAU, étonné.
Oh!
SAVOURETTE.
Je ne veux plus de célibataires dans mes immeubles,
BRICHANTEAU, de même.
Allons donc !
Il va chercher Bon bail.
SAVOURETTE.
Pas pour moi... pour ceux de mes locataires qui ont des filles. Le quatrième en a cinq.
I! lai montre la clause du doigt.
BRICHANTEAU
Vous n'avez pas eu l'aplomb d'inscrire cette clause ridicule ?
SAVOURETTE.
Si, monsieur, un propriétaire a le droit d'insérer les clauses qu'il lui plaît.
BRICHANTEAU
Quand elles sont absurdes?