‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 4)Chapitre 94 sur 324 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

FRÉDÉRIC

J'allais en demander, lorsque est apparue une vieille dame irritée.

BRICHANTEAU

La belle-mère du j uge ?

FRÉDÉRIC

Qui m'a dit d'une voix terrible : « Monsieur, ma maison n'est pas ce que vous pourriez croire d'après les agissements de mon gendre. »

BRICHANTEAU, stupéfait.

Comment?

FRÉDÉRIC

Voilà tout ce que j'ai pu savoir.

BRICHANTEAU

Dans quel guêpier ai-je encore une fois fourré cette chère mignonne? Je ne pourrai donc rien faire de bien... (s'arrc-

tant et allant tout à coup à Frédéric, très sérieux.) FoUgerOlleS, quand je

vous ai proposé d'épouser Geneviève, vous vous êtes récrié.

FRÉDÉRIC, embarrassé.

Récrié, c'est beaucoup dire.

BRICHANTEAU

Si, si, récrié... et je vois pourquoi, maintenant. Il est difficile, n'est-ce pas, d'épouser une jeune fille qui a grandi chez moi ?

FRÉDÉRIC

Je serai sincère. — Oui. Vous connaissez notre monde. Sur certain point, il est presque de Montauban,

BRICHANTEAU

Eh bien ! Fuugerolles, cet obstacle va disparaître. vi. y

FRÉDÉRIC

Comment ?

BRICHANTEAU

Oh ! le plus simplement du monde : j'adopte Geneviève.

FRÉDÉRIC

Vous ?

BRICHANTEAU

Oui.

• FRÉDÉRIC

A votre âge !

BRICHANTEAU

Je remplirai plus tard les formalités nécessaires. En attendant, j'assure aujourd'hui même à Geneviève la moitié de ma fortune.

FRÉDÉRIC

Vous vous dépouilleriez à trente-cinq ans ?

BRICHANTEAU

On ne s'étonnera plus que j'aie chez moi une fille adoptive. (Avec joie.) Voilà une idée que j'aurais dû avoir depuis longtemps. C'est la vraie solution, la seule. Personne ne refuserait, n'est-ce pas, d'épouser la fille de Brichanteau ?

FRÉDÉRIC

Assurément non.

BRICHANTEAU

Jolie comme elle est, et riche héritière.

FRÉDÉRIC

Ce sera un parti superbe.

BRICHANTEAU

Je l'espère bien. Ainsi voilà qui est convenu, vous

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