ACTE TROISIÈME
GENEVIÈVE
Oui, pour vous, sans doute, mais pas pour moi,
BRICHANTEAU
Nous nous y habituerons tous les deux... Madame de Fougerolles ! Certainement, je serai étonné au début. Je me tromperai quelquefois... je me surprendrai à crier : « Appelez donc Geneviève, » et Gontran, qui est toujours ravi de métré désagréable, me répondra : « Madame de Fougerolles?» Je l'entends... J'entends sa voix agaçante: « Madame de Fougerolles est sortie avec monsieur »... Car vous sortirez, naturellement, avec votre mari... Votre mari ! Voilà encore un mot auquel je me ferai très vite, j'en suis sûr... j'aurai un si grand plaisir à vous voir heureux ensemble, vous surtout, parce que Frédéric, lui, Frédéric n'est que mon ami. Il n'aura pas grand'peine à être heureux. Vous ne soupçonnez pas comme je suis content d'avoir trouvé cette solution ! Fougerolles attend votre réponse ; je me suis presque engagé en votre nom. Il me semblait que j'avais un peu plus le droit de vous diriger maintenant.
GENEVIÈVE
Vous l'avez toujours eu, et vous l'aurez toujours.
BRICHANTEAU
Je ne voudrais pas vous imposer ma volonté. Que faudra-t-il répondre à Frédéric ?
GENEVIÈVE
Que, si c'est votre désir, je serai sa femme. Il me semble que je vous appartiens comme une de vos petites statuettes de marbre. Placez-moi où il vous plaira : j'y serai bien.