I. A BARONNE
Ridicule... à présent ; — (juand il sera marié, on ne s'en apercevra plus.
ADHIENNE, vivenie. t.
N'essayons pas. Je vous assure qu"en cherchant un peu autour de nous, vous trouverez aussi bien.
LA BARONNE
Aussi bien ! (ciiercinnt.) Je ne vois d'aussi bien que le fils du marquis de Kerhuon.
Henry de Kerhuon! Oh! ceUii-là e-;t un vrai gentilhomme.
LA BARONNE
Fils unique, trois fois millionnaire.
Al) RI EN NE.
Un gentilhomme accompli.
Accompli .
Seulement...
LA BARONNE
Seulement ?
ADRIENNE, gaie:iie.it.
11 aime une jeune fille plus jolie que moi, plus spirituelle que moi, et meilleure que moi.
LA BARONNE
Vous oubliez, A<lrienne, que depuis trois semaines personne n'est mieux que vous.
142 CHRISTIANE
ADRIENNE
Oh I ma mère !
LA BARONNE
Vous ne connaissez donc pas la fortune de votre oncle ?
Mais ce n'est pas la nôtre !
Le domestique parait au fond.
LA BARONNE, vivement.
Chut ! Voici Robert. (eUb court et fe trouve en face du valet de chambre.) Mon COUSin ?...
LE VALET
M. le comte n'est pas encore rentré.
LA BARONNE, désappointés.
Pas encore !
LE VALET
Et je viens demander à madame la baronne si elle m'autorise à introduire M. le consul du Haut-Pérou, à qui M. le comte a aussi donné rendez-vous.
LA BARONNE
Certainement, (cherchant.) Consul du Haut-Pérou?...
ADRIENNE
M. de Briac. Vous l'avez vu souvent, ma mère.
LA BARONNE
Très souvent. Mais j'ignorais qu'il éUtil l'ami de Robert. SCÈNK II
Les Mêmes, BRIAC*. entrant par le r.n.l. LA BARONNE, allont à lui.
Ah! mon cher monsieur de Briac, vous nous trouvez dans de bien cruelles angoisses.
• Briac, la baronne, Adricnt e.
BRIAC, effrayé.
Qu'est-il arrivé?
LA BARONNE
Le comte de Noja, mon cousin, devait être rentré à midi...
BRIAC, ayec calme.
Et il est en retard ?
LA BARONNE
De deux heures.
BRIAC
Rassurez-vous, madame, c'est toujours ainsi.
ADRIENNE
Mon oncle est inexact ?
BRIAC
Oh! mademoiselle, autrefois j'essayais souvent d'arriver le second, je n'y ai jamais réussi.
LA BARONNE
Vous connaissez mon cousin depuis longtemps?
BRIAC
Depuis le collège.
LA BARONNE
Et vous avez toujours conservé vos relations avec lui?
Oui, madame. Il m'a fait nommer consul du Haut-Pérou pour me forcer à lui écrire.
LA BARONNE
Asseyez-vous donc. Que je suis heureuse de pouvoir causer à cœur ouvert de ce cher cousin avec un de ses amis ! (ils s'assoient.) Je suis si touchée de l'affection que Robert nous témoigne! Je sais bien que nous sommes ses seules parentes, mais il est admirable. Il a voulu, absolument voulu donner un bal, dont nous ferons les honneurs, ma fille et moi. Quelle attention délicate! Vous avez eu votre lettre d'invitation, n'est-ce pas?
lU CHRIST I A NE
BRIAC
>;on, madame.
LA BARONNE
Vous no luNoz pas icçuc?
BRIAC
Non. Mais je n'en suis pas surpris; j"ai un domestique qui ne me remel aucune invitation. Il n'aime pas le monde.
LA BARONNE, souriant.
Ah! je m"applaudis, alors, de vous en avoir parlé.
C'est demain, monsieur de Briar, et puisque vous n'êtes jias encore parti pour les Pyrénées...
Je ne jiars plus, mademoiselle.
Plus du loul? Vous manquerez donc à votre parole.' Vous aviez si bien promis à Christiane d'aller lui rendre une visite à Amélie-les-Bains.
BRIAC
.le serais i)arli ce soir. Mais mademoiselle Maubray est ri \enue hier.
ADRIEN N E , avec joie.
Christiane est ici 1
BRIAC
.lai été ])lus étonné que vous encore, en la rencontrant lout à riieuii', boulevard des Capucines, à pied, avec sa gou- \trnante. Kilo avait renvoyé sa voiture, je ne sais pourquoi. .]<■ lui ai oltVrt mon bras.
Comment va-l-elle?
BRIAC
On nose jamais dire (pi'elle va bien.