‹ Théâtre complet [de] Edmond GondinetChapitre 120 sur 352 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

ROBERT

Je reste en France.

LA BARONNE

Que vous disais-je, Adricnnc?

BRIAC

Je cherche ce qui a pu te faire prendre une pareille résolution.

ROBERT

Ne cherche pas, je vais te le dire : j'aime Paris.

Il s"ossied.

BRIAC, s'asseyant ajss?.

Tu le détestais en arrivant.

Adiienne va s'asseoir sur le canapé près de la table. ROBERT *.

Oui, j'ai eu le cœur serré un instant; je n'ai plus retrouvé mes souvenirs, les confidents de ma jeunesse, la maison où ma pensée a vécu, mes promenades, mes pauvres vieilles rues que je connaissais si bien, où j'allais si léger, si confiant, si heureux ! — Ma vie d'autrefois n'y est plus, c'est une ville nouvelle où tout est aligné, où tout est effacé, où tout se ressemble, mais c'est encore Paris, c'est toujours Paris. Et vois-tu, Briac, quand on est à deux mille lieues de Paris, on s'imagine qu'il est possible de ne pas l'aimer ; quand on le revoit, on l'adore.

BRIAC

Alors, tu ne le quitteras plus?

Le moins possible.

LA BARONNE, avec transport el allant à Robert,

Vous ne nous quitterez plus! Tenez, Robert, je ne puis résister à la joie d'aller porter cette bonne nouvelle à mad,,, à quelques amis dévoués, qui comprendront mon bonheur et le partageront. Je vais vous laisser la liste de vos invités,

* Briac, Robert; la baronne, Adrienno.

150 CHRISTIANE

Oh ! c'est inutile.

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