ACTE PHEMIER
ROBERT
Précisément. Ce Senoncourt a obtenu la concession de mines de cuivre et d'argent, à Taridja, — mines excellentes, ma foi ! et qui seraient très productives en des mains laborieuses; mais il a si peu exploité les mines et il a lancé des prospectus si effrontément fantastiques, que, pour l'honneur de mon pays, que je représentais là-bas, je me crois obligé de crier au voleur.
Tu as raison.
LA BARONNE
Mais j'ai des actions, moi !
ROBERT, riant.
Vraiment? Eh bien, ma chère baronne, si vous avez (|uelque conscience, ne les vendez pas : elles ne valent rien.
LA BARONNE
Permettez... si elles ne valent rien... Qu'en pensez-vous, monsieur de Briac?
ROBERT
Briac n'est pas au courant.
LA BARONNE
Êtes-vous bien sûr que son prospectus exagérait?
ROBERT, rianl.
Vous en doutez?
LA BARONNE
C'est que j'ai acheté ces actions sur les conseils d'un homme très expert, un grand thiancier, que M. de Briac connaît bien, puisqu'il est à peu près son associé.
ROBERT, élonné.
Briac est l'associé d'un grand financier?
BRIAC, embarrassé.
C'est-à-dire...
LA BARONNE, à Briac.
Je parle de M. Maubray.
Briac et Robert se lèvent.
I,i2 CHRISTIANE
ROBERT, vivemeiU.
Maubi";i\ I !<' banquier Maubray !
LA BARONNE
L'ami intime de M. de Briac?
ROBERT, regardant Briac.
Il est l'ami de Biiac.
LA BARONNE, à part.
Je vais vendre. — Adrienne, allez embrasser votre oncle.
A D R I E N N E , allant vers son oncle''".
Au revoir, mon oncle.
ROBERT, sans la regarder.
Au revoir, Adrienne.
ADRIENNE, gaiement.
Il ne m'emJjrasse jamais.
Elle sort avec la baronne, deuxième plan à gauclie.