‹ Théâtre complet [de] Edmond GondinetChapitre 126 sur 352 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

I ROBERT

1 Je ne me marierai jamais.

I LE DOCTEUR

Jamais, on nous l'a promis. Est-ce que lu comijles devenir vieux ?

ROBERT

Tu as toujours été railleur, mon bon Solem.

LE DOCTEUR

Je ne raille pas; je remplis ma mission. Il s'agit de savoir si M. de Beaubriand fils épousera ta nièce.

ROBERT

Je n'y vois aucun obstacle.

LE DOCTEUR, se récriant.

Aucun obstacle! Mademoiselle Adrienne est jolie, gracieuse, bonne, spirituelle...

ROBERT

Eh mais ! c'est de l'enthousiasme.

LE DOCTEUR

Adorable. — Tandis que le jeune Achille... Mais je suis chargé de faire son éloge.

Ne te gène pas.

Il est fils de ministre.

LE DOCTEUR

Voilà. Le père est un honuiie à ménager.

ROBERT

Il me semblait, docteur, qu'autrefois tu ne ménageais rien.

LE DOCTEUR, gaiement.

Maintenant, je ménage mes clients. Je fais un peu leurs commissions, comme tu vois, ce qui est censé m'honorer

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beaucoup. (Lc domcsUque entre et remet uui carte h Rqb:rt.) Il faut

être de son temps. Je suis plein de respect pour M. de Beaubriand père, j'écoute poliment M. de Beaubriand fils. Je finis même par trouver que tout cela n'est pas plus désagréable que les trois quarts des choses ennuyeuses de la vie.

ROBERT, lui montrant la carte et souriant.

Mais le voilà, ton monsieur.

LE DOCTEUR, étonné.

Bah!

ROBERT, lui donnant la carte.

Achille de Beaubriand.

LE DOCIEUR.

Il vient l'examiner lui-même. Mes clients n'ont plus confiance en moi.

ROBERT, au valet.

Faites entrer, (au docteur.) Quel emploi a-l-il dans la société, cet aimable jeune homme?

BRIAC

Jusqu'à présent...

LE DOCTEUR

Il rend les saints que l'on adresse à son père.

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