‹ Théâtre complet [de] Edmond GondinetChapitre 125 sur 352 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

ROBERT

, Eh 1 oui, Robert. Tu me reconnais donc ?

LE DOCTEUR, lui prenant les mains avec effusion.

Si je te reconnais ! je crois bien. Mais ce n'est pas toi que je comptais rencontrer ici.

ROBERT, étonné.

Qui espérais-tu donc trouver ?

LE DOCTEUR

Ton oncle ou ton gi'and-oncle, un de tes aïeux, — je ne sais pas, moi, — un comte de Noja qui revient d'Amérique.

ROBERT

Eh bien, c'est moi.

LE DOCTEUR

Toi ? — Non. Je te parle d'un personnage qui a été ambassadeur.

ROBERT

C'est moi.

LE DOCTEUR

Qui rapporte d'Amérique une fortune colossale.

ROBERT, souriant.

Colossale, si tu veux.

Qui a une nièce à marier.

ROBERT

J'ai une nièce.

LE DOCTEUR

Qui veut rester garçon.

ROBERT

C'est tout à fait moi.

LE DOCTEUR

Usé par les voyages...

ROBERT

Hein?

158 CHRISTIANE

LE DOCTEUR

Par un long séjour dans les pays chauds, par les agitations d'une vie accidentée.

ROBERT

Permets.

LE DOCTEUR

C'est toi ?

BRIAC

C'est lui.

Eh hien, mon bon Robert, je venais sonder tes intentions et me renseigner sur ta santé.

ROBERT, riant.

Pour le compte de mes héritiers ?

LE DOCTEUR

Pour le compte de M. de Beaubriund père, qui désire marier son fils, le jeune Achille de Beaubriand, avec mademoiselle de Jublains, ta nièce.

ROBERT

En quoi cela me regarde-t-il ?

LE DOCTEUR

Comment, en quoi ? Tu es compté dans la dot : trois cent mille francs et des espérances, un oncle innueusémenl riche.

ROBERT

Ah!

LE DOCTEUR

Usé par les voyages, par un long st^our...

ROBERT

Va, va.

BRIAC

Un oncle enfin dans la bonne acception du mot.

ROBERT

A merveille,

BRIAC, k Robert.

Que te disais-je?Tu n'as qu'un parti à prendre, te marier le plus vite possible.

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