ACTE PREMIER
coup une calèche s'arrête, une jeune fille en descend, va droit au vieillard, lui tend la main, le conduit à sa voiture^ et dit au cocher : « Conduisez monsieur à l'adresse qu'il vous indiquera *. » Puis elle traverse la foule à pied, au bras de sa gouvernante. Et tout cela si simplement, qu'on ne s'en est pas étonné; mais on ne riait plus; moi-même... je... et Anatole... (très ému.) C'est bête, n'est-ce pas?
KOBEUT, so levant.
C'est charmant, au contraire. C'est mieux que de la bonlé, mieux que de la pitié : c'est du courage. Tu es heureux, Briac, de pouvoir féliciter l'héroïne de cette jolie action.
Vous comprenez, très cher, que vous ne pouvez plus nuus taire son nom. Elle appartient à l'histoire.
lîRIAC, se levant **.
Ce n'est pas ce qu'elle a voulu, j'en suis sur.
ACHILLE
Vous persistez?
BRIAC
Mon cher monsieur de Beaubriand, le plus grand service qu'on puisse rendre à une jeune fille, c'est de ne pas parler d'elle.
ACHILLE
Vous me donnez une leçon, Briac.
BRIAC
Dieu m'en garde!
ACHILLE, Irèà piqué, d'un ton sec.
Si, si, c'est une leçon. — Je vous demande pardon, mon cher comte, de ce petit incident. — Je suppose qu'on a enlevé V arlequin ?
ROBERT
Vous pouvez vous en assurer en passant par la ga!ei-ie.
Briac, le docteur, Achille, Hooert.
Le docteur, Briac, Achille, Robert.
168 CHRISTIANE
ACHILLE, lui tenilani la main, au fond.
A la vie, à la mort, (au docteur, qui raccompagne.) Dites dune, docteur, vous savez que je n'épouserai pas sa nièce.
Robert est revenu vers Briac; ils vont s'asseoir près de la table.
ACHILLE
Voilà un oncle (ju'on attendrait toute sa vie; ce n'est pas un oncle, c'est un neveu.