‹ Théâtre complet [de] Edmond GondinetChapitre 158 sur 352 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

papa, il est très fort ; le banquier ne Test pas moins. On avait beaucoup de prétentions de part et d'autre. Maubray veut être député ; nous en ferons un candidat olïicicl, c'est la moindre des choses. 11 voudra être ministre; nous verrons plus tard. On a dû me reprocher Aspasie ; on a parlé de mes dettes, c'était le point délicat. Bref, on se fait des concessions réciproques et l'afïliire est décidée, (se levant.) Seulement...

LE DOCTEUR, s'approclianl.

Seulement ?

Seulement le beau-père demande à me voir. Moi, je demande à le voir aussi. J'ai mes petites conditions à lui faire. La conversation sera vive et animée, j'en ai peur. Bah ! ce bon Maubray doit avoir les idées larges.

LE DOCTEUR

Comme ses poches.

ACHILLE

N'est-ce pas ? — Et elles sont grandes.

LE DOCTEUR

Mais a-t-on consulté mademoiselle Chrisliane ?

ACHILLE

Elle ne doit pas avoir de volonté, — c'est une jeune fille honnête. — A propos, docteur, vous savez qu'on n'en parle pas encore.

MAUBRAY, enlraiU à droit.», à Acliill.%

Je vous demande pardon, monsieur. J'ai été forcé de sortir un instant pour une affaire importante, et je vous sais gré, docteur, d'avoir bien voulu me remplacer auprès de M. de Beaubriand.

LE DOCTEUR, à Maubray.

Merci encore, monsieur. J'ai hâte d'aller faire un heureux.

U sort. Achille et Maubray se regardent un instant. Puis Maubray \a dierdier une chaise qu'il place au milieu du salon. 11 fait signe à Beaubriand, qui vient s'y asseoir en saluanl, et il s'assied lui-même, à droite, prés de la table.

206 CHRISTIANE

SCÈlNE XI. MAUBRAY, ACHILLE.

MAllîKAY ■■'■.

Monsieur votre père a dû vous dire quel avait été le résultat de notre entretien.

ACHILLE

11 ne m'a rien laissé ignorer.

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