‹ Théâtre complet [de] Edmond GondinetChapitre 163 sur 352 · SCENE XIII MAUBRAY, BRIAC · texte numérisé non relu

SCENE XIII MAUBRAY, BRIAC

Qu'avez-voiis donc, Briac?

BRIAC

Ce que j'ai ?... Je viens de la Bourse.

MAUBRAY

Eh bien ?

BRIAC

Le bruit court que vous achetez toutes les mines du Haut- Pérou qu'on vous offre.

MAUBRAY, souriant.

Je ne m'en cache pas.

BRIAC

Mais elles ne valent rien.

MAUBRAY

Je les prends au taux de l'émission.

BRIAC

Qu'en ferez-vous ?

MAUBRAY

Je les revendrai le double.

Le double ! En avez-vous beaucoup ?

MAUBRAY

Demain, je les aurai toutes.

BRIAC

Vous êtes ruiné.

MAUBRAY, passant devant lui, en souriant.

li n'a pas compris.

BRIAC

Vous ne savez donc pas ce que vous voulez revendre ?

212 CHRIST lANE

Si, Briac, si, je le sais.

BRIAC

Senoncoiirt a tout abandonné, les mines,..

Il ne s'agit pas de mines en ce moment. Il y a une société.

BRIAC

Mais s'il n'y avait pas de mines ?

MAUBRAY

Il y aurait des actions, puisque j'en ai.

BRIAC

Ce sont des chiffons.

En affaires, il n'y a pas de chiffons. Mais calmez votre conscience, Briac; je relève l'affaire compromise par Senoncourt. Je crée un chemin de fer d'exploitation; les études sont faites, les devis sont prêts. Des plaines, pas de travaux d'art; des débouchés importants; des bénéfices énormes! La société va être fondée au capital de cinquante millions. Elle achète les mines; tout est sauvé.

BRIAC

Elle n'achètera rien, Senoncourt est poursuivi.

MAUBRAY, haussant les épaules et remontant.

Poursuivre SenoncourI ! c'est insensé.

BRIAC

J'ai vu le dossier.

MAI'BRAY, s'ari<î|nnt.

Vous!

BRIAC

Oui.

MAUBRAY, apri's une pause.

On poursuit Senoncourt! .Je ne croyais pas mes ennemis si habiles.

* Briac, Maubray.

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