ACTE TROISIÈME
LA BARONNE, se levant.
Robert, quand vous êtes entré, j'étais en extase.
ROBERT, riant.
Tant mieux, ma cousine. (Remontant vers des domestiques en grande
livrée qui sont dans la galerie.) Vous m'avcz bien compris : pendant le souper on renouvellera les fleui's.
LA BARONNE, remontant.
Quel ralfinement!
ROBERT, redescendant.
Bien n'est triste comme un bal fané, (a Adrienne.) Je tai ménagé une surprise : nous aurons un excellent orchestre dans le jardin.
ADRIENNE
Trois orchestres, alors !
ROBERT
Dès qu'on cessera de danser, on entendra dans le lointain du Mozart ou du Mendelssohn. Je ne veux pas qu'après une valse entraînante on retombe en sursaut dans l'insipide bruit des conversations. Le vrai charme du bal est de n'entendre que ce qu'on écoute.
ADRIENNE
Comme les jolies idées vous viennent depuis hier!
On aperçoit Briac errant dans la galerie et paraissant embarrassé d'arriver le premier; LA BARONNE.
Comment, on arrive déjà! — (a A.irienne.) Je ne vous ai encore rien dit.
ROBERT
C'est Briac.
LA BARON
Peut-on venir au bal à une pareille heure!
BRIAC, toujours embarrassé.
Il me semble que j'arrive le premier.
LA BARONNE, très gracieuse.
Nous VOUS en remercions, mon cher monsieur de Briac. I. Vi
218 GHRISTIANE
URIAC, entianl.
Vous êtes indulgente, madame. — J'arrive beaucoup trop tôt. J'ai dû me tromper d'iieure.
ADRIEN NE, allant à lui, en rianl *.
Dites donc que vous teniez à ne pas manquer la première 1 valse, ce sera très galant. ^
RRIAC, dieicliynt.
La première valse?
Celle que vous m'avez promise.
Ah! oui, oui, mademoiselle, je vous l'ai promise, et je suis prêt...
ADRIENNE, souiianl.
A payer votre dette, (cuicuiani.) Trois contredanses, une polka, une mazurka, vous avez un délai de deux heures.
EUf va à sa mère.
LA BARONNE, se dirigeant avec elle dans le vestibule.
Je ne vous dirai ({u"un mot, qui résume tout : Adrienne, vous êtes un des phis brillants i)arlis de France.
ABRIENNE, avec un grand souiiir.
Oui, ma mère.
Llles disiiaraissent toutes les deux.