SCÈNE IV
Les Mêmes, ADRIENNE, puis LE DOCTEUR.
ADRIENNE
Ma mère vous fait dire que tout est prêt ; maintenant, on peut arriver.
ROBERT
C'est bien.
ADRIENNE, attirant Robert à gauche.
Mon oncle, voulez-vous me rendre un grand service ?
ROBERT
Très A^olontiers.
ADRIENNE
Mariez-vous le plus tôt possible.
ROBERT
Pourquoi ?
ADRIENNE
Parce que, quand vous aurez une femme, je ne serai plus le meilleur parti de France et ce sera bien heureux.
ROBERT, souriant.
Ah!
Le docteur parait dans la galerie.
ADRIENNE
Voici le docteur Solem.
Le docteur entre par la droite. LE DOCTEUR, allant à Robert.
Mais je ne retrouve plus l'hôtel du baron de Folny. Je marche dans le pays des rêves.
222 CHRISTIANE
ROBERT, gaiement.
N'est-ce pas'?(Moiiiraiit A.irienne.) Je te présente ma petite fée.
LE DOCTEUR
Puisqu'il y a une fée...
Il y a un oncle adniiral)le, qui a inventé des merveilles et qui flatte sa nièce.
Elle salue le docteur et entre, à gaurhe, flans le salon bleu LE DOCTEUR.
Mais, mon bon Robert, tu es transformé aussi, tu rayonnes.
ROBERT
J'adorais le monde, tu t'en souviens, et je me sens ému, ce soir, comme je Tétais à vingt ans, quand j'entrais dans un bal. Il me semble que je vais trouver le même attrait à la valse, le même charme à la grâce des jeunes filles.
LE DOCTEUR, souriant.
Vas-tu me présenter une seconde fée ?
RORERT.
Ce sont les lumières et les Heurs qui me grisent ; j'ai honte de si peu vieillir.
LE DOCTEUR, gaiement.
Oh ! la vieillesse est un préjugé, qui passera comme les autres. On n'a jamais que l'âge de ce qu'on ressent.
ROBERT
Je le crois.
LE DOCTEUR, allant à Briac.
Arme-toi de courage, Briac, je vais t'annonccr une mauvaise nouvelle.
BRIAC
Encore une !
LE DOCTEUR, étonné.
Comment, enœre une !
BRIAC
Je veux dire : enfin !