‹ Théâtre complet [de] Edmond GondinetChapitre 18 sur 352 · SCÈNE III TÉRENCE, TOINETTE · texte numérisé non relu

SCÈNE III TÉRENCE, TOINETTE

TOINETTE, courant à Térence.

Je frapperai toujours avant d'entrer dans la chambre de sa femme.

TÉRENCE

Je ne suis plus un tartufe, maintenant que j'ai sauvé l'escalier de service.

TOINETTE

Vous êtes un chérubin.

TÉRENCE

Tu juges mal l'affection de madame Minard; elle est toute

8 GAVAUT, 31INARD ET C' =

platonique. Je ne tromperais pas mon protecteur et mon patron.

TOINETTE, riant.

C'est ce qui me fait rire.

TÉUENCE.

Ris. Toinette. Papa avait bien raison; il me disait : « Mon jx^tit Térence, ne mérite jamais l'estime des femmes, elles te mépriseraient. »

TOINETTE

No prenez donc pas cet air sainte-nitouche; vous vous moquez joliment de madame Minard, Elle s'imagine faire votre éducation... platonique, ça amuse toujours les femmes.

TÉRENCE

Eh bien ?

TOINETTE, se penchant à son oreille.

Et la petite fleuriste ?

TÉRENCE, inquiet.

Quelle fleniiste ?

Celle que vous avez abandonnée l'année dernière et qui a quitté Rouen de désespoir.

TÉRENCE

Je ne te comprends pas.

TOINETTE

C'était l'amie de la cousine de Cyrus.

TÉRENCE

Cyrus ?

TOINETTE, baissant les yeux.

Mon fiancé.

TÉRENCE

Le gendarme !

TOINETTE, vivement.

Ce n'était pas platonique cette fois. Vous voyez si je suis discrète; voilà déjà deux jours que je sais votre aventure en gros. Cyrus ignorait votre nom; mais, avant-hier, vous êtes passé devant la porte de la cuisine, et il s'est écrié :

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