SCÈNE XIII ROBERT, MAUBRAY
MAUBRAY, au fond, entrant en scène.
Voilà une fête, monsieur le comte, qui fera sensation. Vous avez conquis, en une nuit, cette célébrité si chère aux Parisiens.
ROBERT
Ce n'est pas ce que je cherchais.
MAUBRAY, descendant, à droite.
Ah ! Alors, vous aimez le monde pour lui-même. C'est
2J2 CHRISTIAIN'E
rare aujourcriiui. Mais vous êtes resté jeune, vous, tandis que moi, j'ai beaucoup vieilli. On voit bien que vous avez été toujours beureux, tout vous a souri ; vous n'avez pas eu les soucis de la fortune, les joies anxieuses de la famille, les douleurs et les revers; (se raiiprocham de Robert.) vous êtes seul.
nOBERT.
Oui, monsieur, je suis seul.
MAUBRAY*
Mol, j'ai une lille.
ROBERT
Et vous devez être bcuieux ce soir du succès qu'elle obtient. Tout le monde ladmirc. Je ne dis pas seulement ses amis, mais des étrangers. Ici môme, à l'instant, le marquis de Kerlmon me parlait d'elle.
MAUBRAY
De Christiane ?
ROBERT
Son fils a rencontré mademoiselle Christiane aux P^rénées, je crois, et ce souvenir ne s'est pas effacé. Vous connaissez, de réputation au moins, le marquis de Kerliuon. Eh bien, le lils vaut le père.
MAUBRAY
Est-ce qu'on vous a chargé de demander Ja main de ma fille ?
Non, monsieur, non; je vous raconte ce qu'on me dit, un peu étourdiment peut-être. 11 me semblait que cela devait tlatter un père.
MAUBRAY
Vous savez, comme moi, que ce mariage serait impossible.
ROBERT
Impossible !
* Mobert, Maubray.