SCÈNE IV ROBERT, BRIAC
BRIAC, revenant, le dossier Senoncourt à la main.
Le docteur est parti ? il t'a rassuré ?
ROBERT
Complètement.
BRIAC
A la bonne heure. — Mon ami, j"ai lu le dossier.
ROBERT
Et tu as atténué, n'est-ce pas ?
Atténué! Au contraire, j'ai souligné à l'encre rouge. Senoncourt est un coquin'.
ROBERT
C'est bon, donne-moi cela.
Il lui pivnil liiusquement le dossier et le jette sur la table. BRIAC, çtonné.
Qu'as-tu ?
272 CHRISTIANE
ROBERT, marchant avec agitation.
Que me fait Senoncouit, à moi ? Que me font les gens qu'on trompe et qu'on vole ? Est-ce qu'ils ra'intéi'cssent ?
BRIAC
Comment !
ROBERT
J'ai bien autre chose en tête ; il faut que Christiane épouse Henry de Kerhuon.
BRIAC
Es-tu fou ?
ROBERT
Il le faut. — Mais où est-il ? Que fait-il, cet amoureux si ardent? Il n'osera pas lutter, il oubliera Christiane. — Il n'y a que moi qui l'aime, il n'y a que moi.
LE VALET, entrant.
Je demande pardon à monsieur le comte de le déranger malgré son ordre, mais M. Achille de Beaubriand insiste pour être admis.
ROBERT
Beaubriand !
BRIAC
Tu ne le recevras pas.
ROBERT
Pourquoi donc?
BRIAC
Tu n'es pas en état de causer froidement.
ROBERT
Oh ! maintenant je peux tout supporter, (au vaki.) Faites entrer M. de Beaul)riand. (a Briae.) Je tiens à le voir.
LE DOMESTIQUE, annonçant.
M. Achille de Beaubriand.