‹ Théâtre complet [de] Edmond GondinetChapitre 207 sur 352 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

ROBERT

Et maintenant, puisque VOUS savez que vous avez un rival, un rival préféré, peut-être...

S'il n'était pas préféré ce ne serait pas un rival.

ROBERT

Renoncez à mademoiselle Maubray.

ACHILLE, étonné.

Hein! (a pan.) Il est naïf, j'adore ça.

ROBERT

Vous êtes jeune, vous devez avoir tous les bons sentiments de la jeunesse. Il est cruel d'épouser une jeune lille qui ne fait qu'obéir à son père : choisissez une femme qui vous plaise vraiment, faites-vous aimer d'elle, essayez ces douces joies, et gardez-vous surtout de jamais troubler ceux qui les ressentent.

ACHILLE

Je vous ai compris, mon cher comte, et je vous remercie. Vous me conseillez d'épouser une bergère. C'est une allégorie; vous voulez me dire : N'épousez pas mademoiselle Maubray, la fortune du père n'est pas solide.

ROBERT

Comment !

ACHILLE

Eh bien, je vais vous rassurer, la petite a hérité de sa mère.

ROBERT

Sa mère! Mais sa mère n'était pas riche.

ACHILLE

Elle n'avait rien, seulement le jour de son mariage, — ceci entre nous, n'est-ce pas? — M. Maubray lui a reconnu un million.

Hein!

278 CIIRISTIANE

ACHILLE

Un vrai million, dont ma jolie future a hérite.

ROnERT, bas, à Briac.

Tu savais cela?

BRIAC

Oui.

ACHILLE

Et ce bon Maubray est forcé de compter la petite somme à sa fille.

RODERT.

A sa fille?

ACHILLE

C'est assez piquant, n'est-ce pas?

ROBERT, avec une douleur coulenue.

Oui, monsieur, oui.

ACHILLE

Vous voyez que je peux épouser mademoiselle Maubray. Mais je n'en suis pas moins touché de votre sollicitude à mon égard, — touché jusqu'aux larmes, à ce point qu'un conseil de vous devient pour moi un ordre. C-royez-vous encore qu'il serait plus gentleman de ne pas me battre pour ma fiancée?

BRIAC

Vous hésitez?

ACHILLE

Vous le croyez? — .Je n'hésite plus, je désavouerai le sous-préfet.

BRIAC

A la bonne heure !

ACHILLE

On lui donnera de l'avancement.

Il ^alue giaveim-iil et sori.

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