‹ Théâtre complet [de] Edmond GondinetChapitre 212 sur 352 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

la joie et le charme de ceux qui a'ous entourent? N'est-il pas trop heureux, celui qui vous a vue grandir, qui a recueilli vos sourires d'enfant, qui n'avait qu'à remplir vos petites mains d'argent pour faire de bonnes œuvres, qui a pu vous appeler sa fille ?

CHRISTIANE, très émue.

On ne m'avait jamais parlé ainsi.

Elle ne peut pas résister à son émotion; elle ferme les yeux et se laisse tomber. Robert la retient.

ADRIENNE, effrayée.

Christiane !

ROBERT, vivement.

N'appelle pas!...(Lui indiquant la porte de droite.) là!...là!...(Adrienne sort en courant, laissant la porte de droite ouverte. — Robert, tenant Christiane dans ses bras, se penche sur son front et l'embrasse en disant à demi- voix :) Ma

fille !

Adrienne rentre; presque aussitôt, Christiane revient à elle, en souriant. CHRISTIANE.

Je me croyais plus forte que je ne suis.

LE VALET, entrant.

Monsieur le comte veut-il recevoir M. Maubray ?

A ce nom, Robert, Christiane et Adrienne restent un instant inter.lits. CHRISTIANE.

Mon père !

ROBERT

Laissez-moi seul avec lui.

CHRISTIANE

Si vous vouliez parler à mon père !

Oh ! oui, vous qui parlez si bien.

ROBERT

Je lui parlerai, je lui dirai... je le déciderai, je vous le jure.

Il les reconduit vers la bibliothèque.

286 CHRISTIANE

CHRISTIANE

Je n'ai d'espoir qu'en vous.

Elles sortent.

ROBERT

Faites entrer.

LE VALET, annonçant.

Monsieur Maubraj^

Maubray entre gravement— mais sans afTectation. — Robert lui offre un fauteuil et s"assieil prés de la table.

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