‹ Théâtre complet [de] Edmond GondinetChapitre 224 sur 352 · SCÈNE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE DEUXIÈME

Dans sa robe de chambre en baillant s'emmitoufle Et dort paisiblement, le pied dans sa pantoufle. Pas heureux! vous prenez du bonheur à crédit.

OCTAVE, devant une glace au fond à gauche, arrachant sa cravate avec coU'Te.

Tout à ta il.

FLORENTIN, étonné.

Qua monsieur?

0 C T A Y F. , l'edtscendant .

Mon faux-col m'assassine, Ma cravate s'entclc à mo lurdrc le cou.

C'est un travail à rendre un homme fou. J'aurais bien dû prévenir ma cousine.

FLORENTIN

Mademoiselle Agathe! Oh! monsieur!

Quoi?

FLORENTIN

Divine!

OCTAVE

Pas mal,

FLORENTIN

La ligne et la couleur!

Le duvet de la pêche et l'éclat de la fleur, Avec des tons de jeune fllle!

OCTAVE

Elle est très bien.

FLORENTIN

Les contours élégants.

Le regardant.

Purs, hardis et moelleux. — Vous déchirez vos gants. Si j'allais l'appeler?

OCTAVE, le retenant.

Non, non. — Elle s'habille.

Agathe représente, aujourd'hui, ma famille.

FLORENTIN

Avec son père, un grave magistrat.

OCTAVE, descendant.

Qui paît le jour de mes noces.

Pour convaincre un scélérat De plusieurs crimes atroces.

T"('\pliques-tu mon désappointement?

il m'installe chez lui, dans son appartoincnl. 11 a fait mon mariage, Mon bonheur est son ouvrage, 11 est mon oncle et mon témoin.

Et. quand nous dînerons, il sera déjà loin!

Revenant à la glace.

Pauvre oncle! il ne pourra me Ix'nir que dimanche.

Avlc désespoii'.

Je ne mettrai jamais cette cravate blancho.

FLORENTIN

Monsieur est si nerveux!

OCTAVE

Nerveux !

FLORENTIN

Ou si distrait 1

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