‹ Théâtre complet [de] Edmond GondinetChapitre 242 sur 352 · SCENE OiNZiEME · texte numérisé non relu

SCENE OiNZiEME

Nous n'avons pas à lui tendre la perche.

Mon maître a le bonheur qu'il cherche Une dot magnifique, un i)eau-père charmant, Un sasant amateur, qui ne gène personne, Qui fait de la chimie avec acharnement.

Et dont la santé n"est pas bonne.

AGATHE

Si je disais la vérité!

l'LOHKNTIN.

Gardez-vous-en, mademoiselle Agathe.

Vous voulez donc que mon maître se batte?

AGATHEj vivement.

lise battrait?

FLORENTIN

En avez-vous douté?

AGATHE

Oui, mon cousin se battrait; — il est brave. Mais Camille! comment épouse-t-elle Octave?

FLORENTIN, d'un ton doctoral.

Vous allez soulever une question grave,

AGATHE

Que Ion prenne un indifférent, Cela se fait, on dit que cela se comprend. Le supplice est pour nous, si la faute est la nôtie. Mais accepter quelqu'un quand on en aime un autre!

C'est horrible ! c'est déloyal !

FLORENTIN, de même.

Ne t(juchons pas à l'ordre social.

— Mademoiselle ignore encor le monde. —

L'amour est une exception.

Un gros enfant joufflu, qui vagabonde.

Mais qu'est le mariage? une institution. — Il ne faut pas qu'on les confonde.

AGATHK.

Moi, je vous dis que c'est alïVeux.

Quel parti dois-je prendre?

l'LOKKNTIN.

Allez prier pour eux.

AGATHE

Olil non.

lille Vil s'asseoir près ilc la lablc FLOhE.NTI.N.

Ils seront tiès heureux, Ne soyez pas inquiète.

Si le cœur de madame a quelque ancienne délie, Cest pertes et prolits, ce n"est jamais compté. J'ai vu de près des gens de qualité.

Chaque époux vit de son côté, Chacun a son secret qu'il cache.

Contre les coups de tète on les a prénmnis; Pour les lier le code a des soins infinis, Et l'on voit bien qu'il attache Des gens qui ne sont pas unis.

AGATIIi:.

Cela vous paraîtrait, sans doute, moins risible,

Si vous saviez avec quel air terrible Mon cousin prononçai! le nom de ce hussard.

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