‹ Théâtre complet [de] Edmond GondinetChapitre 314 sur 352 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

JULKS.

Pas si haut ! Je sens que mes cheveux hlanchissent.

CÉLESTK.

Je me suis trompé d'enveloppes, vous avez reçu le mot que jVcrivais à don Stefano !

JULES

Comment ! Don Stefano !

CÉLKSÏi;,

Il a reçu le vôtre ou celui du notaire.

JULES

Don Stefano vous a soutenue pendant que vous faisiez la planche ?

CÉLESTE

Oui.

JULES

Oui ! Mais vous ne m'auriez jamais permis cela, à moi.

CÉLESTE

Vous?... ce n'est pas la môme chose. Lui, c'était une erreur.

JULES

Une erreur ? Quelle erreur?

Ça n'a pas d'importance, et d'ailleurs ç;i ne vous regarderait pas.

JULES

Ça ne me regarderait pas!

CÉLESTE

Non, monsieur, non, ça ne vous regarderait pas. Ça regarderait mon mari, mon pauvre mari... (Avec émotion.) que nous avons la cruauté... (Avec résolution.) Je vais lui ouvrir.

Elle donne un toui- île clef au placard.

JULES, se précipitant.

Mais s'il vous voit ici?

CÉLESTE

Vous avez raison.

Elle va se jeter sur le canapé du fond. CHAMPANET, entr'ouvrant le placard <Ie façon à ne pas voir Céleste.

Pourquoi m"avais-tu enfermé?

JULES, se jetant au-devant de lui.

Ne vous montrez pas encore. Nous avons une scène.

CHAMPANET.

Ah! (il rentre docilement.) TrèS bien.

CÉLESTE, tremblante.

Je l'aurais trompt^ fout à fait que je n'aurais pas tant do remords.

JULES, tombant anéanti sur une chaise.

Je sens que mes cheveux blanchissent.

Ils n'osent plus se regarder.

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