ACTE PREMIER
GAVAIJT.
Je peux mourir. Il est des choses qu'il faut avoir le courage d'avouer, je peux mourir.
Vous êtes jeune,
GAVA UT
Ne nous attendrissons pas. — Angèle, vous touchez à vos dix-huit ans, Vàge de l'innocence et de la candeur. Vous n'avez pas encore songé au mariage.
ANGÈLE
Oh! si.
GAVAUT.
Comment, oh ! si ?
ANGÈLE
A quoi voulez-vous donc que je pense?
GAVAUT.
A quoi ?
ANGELE, voulant le calmer.
Mon père !
(ÎAVAUT.
Oui, au fait, à quoi ? — Elle a raison, à quoi ? — Alors, je supprime les préambules.
ANGÈLE
Vous le pouvez, mon père.
GAVAUT.
Je viens d'accorder votre main à Tércnce Plumault.
ANGELE, déconcertée, se levant.
Quoi?
GAVAUT.
Mon futur associé.
ANGE L E
A M. Plumault?
GAVAUT, appuyant sur les dernières lottr>;s.
Plumault, L. T., Plumault, un charmant garçon, de mœurs pures, mon élève, qui vous adore.
30 GAVAUT, xMINARD ET C'«
Oh ! mon père, vous auriez bien dû me consulter avant de promettre ma main.
GAVAUT.
Pourquoi ?
ANGÈLE
J'aime M. Hector de Flavancourt.
Fkvancourt !.., qu'est-ce que c'est que ça, Flavancourt?
ANGÈLE
Un capitaine de hussards. Il vient de passer tout à l'heure.
GAVAUT.
Vous aimez un hussard ?
ANGÈLE
Ne serez-vous pas flatté d'avoir dans votre famille un bel officier avec un beau pantalon rouge et une veste bleu de ciel ?
GAVAUT.
Non, mademoiselle, non.
ANGÈLE
Et des brandebourgs, l'hiver.
GAVAUT.
Des brandebourgs! — J'en ai aussi à ma robe de chambre. — Vous épouserez Plumault.
ANGÈLE
Papa, mon petit papa, vous ne voudriez pas désespérer un des défenseurs de la patrie, vous devez respecter l'armée.
GAVAUT.
Certes, je la respecte, mais...
ANGÈLE
On no le dirait pas à vous entendre. Un capitaine décoré, qui sera général un jour ; il a cinq Ijlessures.
GAVAUT, sévèrdinent.
Comment le savcz-vous?