ACTE PREMIER
CÉLESTE
Madame, vous voyez.
ELVIRE
Je vois, — mais on ne me voit pas.
Elles sont toutes les quatre penchées a la fenêtre. G A VAUT, qui est redescendu'''.
Térence, vous voyez mes filles.
TÉRENCE
Ce sont des anges.
GAVAUT, redeicomlant en scène.
Vous les avez entendues, — leurs observations scandaleuses prouvent leur ingénuité. .Je les comparerais volontiers à Eve dans le paradis terrestre, quand elle ne savait pas encore distinguer les pommes des autres fruits. Avez-vous fait un choix ?
TÉRENCE
Comment choisirais-je ? Ne sont-elles pas toutes les trois vos filles ?
GAVAUT.
Toutes les trois, — toutes les trois.
TÉRENCE
Je veux recevoir ma femme de votre main.
GAVAUT.
Bien, Térence, bien, — vous êtes mon gendre.
COLOMBE
On n'aperçoit plus rien.
ELVIRE, revenant.
Ils sont charmants. — Me voici, Achille. — Charmants !
Elle sort au bras de Minard par le pan coupé de droite, en regardant Térence embar rassé. Les jeunes filles quittent la fenêtre. Térence, en se retirant, passe devant chacune des jeunes filles et les salue **.
* Minard, à gauche deuxième plan, — Gavaut, Térence, — les jeunes filles au fond.
** Céleste, Angèle, Colombe, Térence, Gavaut.
28 GAVAUT, iMINARD ET C-
CÉLESTE, rinnl.
Bonsoir, monsieur Plumault.
TÉRENCE, baissant les yeux.
Mademoiselle.
ANGÈLE
Bonsoir, monsieur Plumault.
TÉRENCE, de même.
Mademoiselle.
Il sort vivement par le pan coupé Je droite. TOUTES, couraut à la porte et criant.
Bonsoir, monsieur Plumault.
Elles vont pour sortir par le pan coupé de gauche; elles s'arrêtent sérieuses à la voix de Gavaut.
GAVAUT.
Angèle, asseyez-vous. Vos sœurs peuvent se retirer.
Angèle se sépare de ses sœurs et gagne la droite où elle s'assied, COLOMBE, à Céleste.
Comme papa a un air singulier !
CÉLESTE, niàaie jeu.
Il prépare un discours.
Céleste et Colombe sortent par le pan coupé de gauche.