ACTE TROISIÈME
ne voulais pas rester, je suis montée dans un tiacre qui était là. Le cocher a crié : « Enfin! » et il m"a conduite à la gare d'Orléans.
CKCILE.
Vous alliez à la gare d'Orléans?
CÉLESTE
Non, je n'y allais pas, je me suis fâchée. Il a été malhonnête, j'ai voulu payer, je n'avais pas d'argent, j'avais tout lionne à la somnambule.
CÉCILE
La somnambule?
J LSTINE.
Madame a consulté une somnambule?
CÉLESTE
Malgré moi, j'y suis entrée parce que j'avais peur de rotïiciei' du cinquième.
L'olTicier du cinquième?
JUSTINE
Cinquième dragons?
CÉLESTE
Non, cinquième étage.
JUSTINE
C'est que j'ai un cousin au cinquième dragons.
CÉLESTE
Le cocher me réclamait cinq heures trois quarts... On s'attroupait.;, je ne savais que devenir, lorsqu'un monsieur très poli s'approche et paie pour moi.
CÉCILE
Vous l'avez laissé faire ?
CÉLESTE
Je ne l'avais pas reconnu. Il se retourne et m'offre son bras... C'était don Stefano!
CÉCILE
Don Stefano!
CÉLESTE
Ruy Gomar.
JUSTINE
Le Portugais qui a trouvé le sac de madame?
CÉLESTE
Lui-même. Je m'esquive. Je monte dans une autre voiture... et me voici... Il a payé cinq heures trois quarts... onze francs cinquante, deux francs de pourboire... treize francs cinquante. Avez-vous treize francs cinquante?
Elle se lève.
CÉCILE
Oui, ma tante,
.IlSTINE.
Oui, madame.
CÉLESTE
Donnez ! ( Elle prend des deux mains et met le tout dans une enveloppe
prise sur la table. A Justine.) Vous fcrcz portcr ccla pai' uu Commissionnaire... tout de suite, c'est très pressé.
JUSTINE
Oui, madame.
CÉLESTE
Je suis à bout de forces!
- Elle lonibc aftise.
JUSTINE
Si madame voulait prendre quelque chose?
H(jire seulement, je voudrais boire... j'ai la gorge sèche.