ACTE TROISIÈME
JUSTINE, prenant la tasse sur la cheminée.
Voici une fasse do tisane, que j'avais préparée pour monsieur... elle est encore chaude.
Quelle tisane ?
.1 USÏINE.
Des feuilles d'orties noires.
CÉLESTE, étonnée.
Vous en avez?
JUSTINE
Madame m'en a donné un paquet qui était dans son sac.
CÉLESTE
Un paquet d'orties noires?
JUSTINE
Oui, madame.
CÉLESTE
Vous en êtes sûre?... Je ne vous ai donné que ce paquetlà?
JUSTINE
Est-ce que madame en a perdu un autre?
CÉLESTE, se levant.
Oui... ce n'est rien... c'est... un petit objet que j'avais mis dans mon sac et qui n'y est plus.
JUSTINE, vivement.
Ce n'est pas moi qui l'ai pris.
Jen suis certaine.
JUSTINE
Je suis une honnête fille, moi, madame.
CELESTE
Je le sais, Justine.
JUSTINE
C'est que, lorsqu'il se perd quelque chose dans une mai- ^ son, on accuse tout de suite les domestiques.
CÉLESTE
Je ne vous accuse pas.
JUSTINE
Est-ce que le sac de madame était fermé?
CÉLESTE
J'avais perdu la clef.
JUSTINE
Alors, il faudrait demander à ce Portugais...
CÉLESTE
Don Stefano?
JUSTINE
C'est lui qui a trouvé le sac de madame, c'est lui qui l'a rapporté.
CÉLESTE, ù part.
Ah! quel Irait de lumière?... Il a mes lettres.
JUSTINE
Et avant de lui rendre l'argent de la voiture...
CÉLESTE
Oh! si, si, rendez, rendez tout de suite.
JUSTINE
Madame ne prend pas la tisane?
CÉLESTE
Je vais chez moi et je n'y suis pour personne.
CÉCILE
Elle aussi !
CÉLESTE, allant vivenieul vers la porte à droito, premier plailj
(juel trait de lumière!