‹ Théâtre complet [de] Edmond GondinetChapitre 68 sur 352 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

GAVAUT.

A la maison Gavant. Minard et C''^. On a eu raison,

MINARD, présentant Gavaut.

Gavant.

GAVAUT, présentant Minard.

Minard. — Et compagnie n'est là que ponr arrondir la phrase.

Je n"ai pas l'honneur d'être connu de vous.

GAVAIT

Pas connu de nous ! — C'est déchirant.

MINARD

S'il se doutait !...

THÉODORE

Vous ne me croirez pas quand je vous dirai que des circonstances toutes particulières me mettent dans la position précaire où je me trouve.

GAVATT.

Nous vous croj'ons,

THÉODORE

Vous êtes bien bons. — Je n'ai pas de chance, et cela s'explique : j'ai eu pour parrain ini professeur de piano qui avait le mauvais œil.

GAVAUT et MINARD.

Pauvre garçon !

THÉODORE, montrant sa breloiue en corail.

J'ai beau acheter toutes sortes d'instruments, — rien n'y fait. — Je peux vous conter sous le sceau du secret...

GAVAUT, vivement.

Nous ne voulons rien savoir.

MINARD

Rien, rien, (a pan.) Il me navre.

Vous êtes bien bons. — Tenez-vous à ce que vos commis aient un nom de famille ?

GAVAIT

Oh 1 la famille ! il n'y en a qu'une, la grande !

MINARD

Celle qui remonte...

GAVAUT.

Aux singes.

THÉODORE

Alors, je ne chercherai pas.

GAVAUT.

Non... non... ne cherchez pas à être le fils de quelqu'un, c'est bien inutile; soyez le fils de vos œuvres. Un prénom su 111 1 pour devenir illustre ; je vous citerai Alexandre et Aristide,

THÉODORE

Appelez-moi Théodore.

GAVAUT.

Théodore, les i^nseignements que vous avez donnés nous suffisent.

THÉODORE

Vous êtes bien bons.

GAVAUT.

Vous devez avoir des défauts ?

THÉODORi: .

J'aime beaucoup les botes.

(a pari.) Il lient de moi. — (uaut.) J'adore les chats.

GAVAUT.

Je ne déteste que les perroquets.

THÉODORE, déco:iccrlé.

Ah ! — Je dois ajouter que j'ai été élevé par ma inérc, une sainte femme...

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