‹ Théâtre complet [de] Edmond GondinetChapitre 69 sur 352 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

GAVAUT.

Une sainte femme ! — Il ne méprise pas sa mère... oli ! c'est bien, c'est bien.

Il lui prend la main gauche. — Minard lui tend la sienne. — Théodore, embarrassé de son chapeau, le met sur sa tète, passe sa main droite entre Gavaut et lui, et la donne à Minard. Ils reprennent ensuite leurs positions naturelles,

THÉODORE

Mon père...

GAVAUT, vivement.

Ne le maudissez pas, ne le maudissez pas.

THÉODORE, ébahi.

Je ne maudis personne ; seulement, ma mt''re m'a beaucoup gâté.

GAVAUT.

Et vous ne savez rien faire, naturellement, (a Minard.) Naturellement.

THÉODORE

Mais avec de la bonne volonté...

GAVAUT.

Avec de la bonne volonté on arrive à tout : vous ferez un excellent domesliciue,

THÉODORE, fasant un bond.

Domestique !

Il met son chapeau sur sa tète.

MINARD, à Gavaul.

Il ne veut pas être domestique.

GAVAUT, à Minard, avec joie.

l'e la fierté !... de la fierté !... Je reconnais mon sang.

MINARD

Ou le mien.

GAVAUT.

Le mien ou le lien. — Théodore !

THÉODORE

Monsieur !

80 GAVAUT, MINARD ET C'»

GAVAUT.

Vous n'avez aucune idt'o du commerce?

Jai une idée vague.

Vous n'en avez aucune. — Vous ne connaissez pas le coton.

THÉODORE

Je le connais...

GAVAUT.

Pour en avoir mis dans vos oreilles? — Vous ne le connaissez pas. — Vous écrivez ?

THÉODORE

Comme tout le monde.

GAVAUT.

Mal, — j'en étais sûr. — Vous remplacerez notre commis aux expéditions.

THÉODORE

A la bonne heure.

MINARD, à Gavaut.

Il ne pourra jamais.

GAVAUT, avec un geste d'orgueil.

S'il tient de son père, il est né commerçant.

MINARD, même jeu.

Je n'y songeais pas.

GAVA \: T

Deux cents francs par mois, logé, nourri, éclairé, cliaulTé, blanchi et ciré, — on le cirera.

J'accepte.

GAVAUT.

Vous serez mon élève. — (lui indiiiuani la table à droite*.) Voici

* Minard, Gavaut, TliC-odore.

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