‹ Théâtre complet [de] Edmond GondinetChapitre 97 sur 352 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

THÉODORE

Lui aussi!

Tu as refusé de fuir.

THÉODORE, à part.

H sait tout.

GAVAUT.

Rends-nous l'argent.

THÉODORE

Quel argent ?

Il nie !

GAVAUT, le poussant avec la crosse de son fusil*.

Employons la douceur. Rentre dans ta chambre, passe un paletot, et attends. Rentre, mon bon Théodore, rentre.

THÉODORE, sortant par la porte à droite, premier plan.

Je rentre, — Qu'est-ce qu'ils ont donc ? — Tu es mon fils... je suis ton père. — Qu'est-ce qu'ils ont donc ?

Elvire, qui a écouté, remonte et gagne la ilroite.

MINARD, déposant son pistolet sur le bureau, pendant que Gavaut remet son fusil près du coffre-fort **.

Un téte-à-tète avec ma femme !

ELVIRE, à Minard.

Ah ! ne crains rien, Achille, je savais qu'il est ton fils !

MINARD

C'est celui de Gavaut.

GAVAUT.

C'est le tien. — Tu entendais la voix du sang !

MINARD

Tu l'entendais aussi.

GAVAUT.

Je ne l'entends plus.

MINARD

Ni moi.

* Elvire, Gavaut, Minard, Théodore. ,

** Gavaut, Minard, Elvire.

IIG GAVAUT, JlINARD ET C'«

ELVIRK.

Quel est son père ? — Est-ce vous, monsieur ? — Est-ce loi, Achille?

MINARD

C'est moi sans être moi et c'est lui sans être lui.

GAVAUT, s'approchant d'Elyire.

Nous allons tout vous avouer. — (Embanassé). Entraînés par la fougue des passions, — passions est un mot un peu trop vif, je le retire, — Minard, mon associé, et moi, nous aimâmes.

Après, après?

GAVAUT, embarrassé et cherchant.

Ou plutôt nous avons éteint, dans des caprices éphémères, ce feu sacré...

ELVIRE

Après, après ?

GAVAUT.

Sacré est un peu vif, je le retire.

MINARD

Nous le retirons.

Vous avez éteint le feu sacré... cl alors...

GAVAUT.

Un jour, — ce devait être un vendredi et un treize, — nous sommes devenus pères.

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