EI.VIRE
Du même enfant ?
GAVAUT.
Du même enfant, (se reprenant.) Comment, du môme? Non, pas du même, nous en avons eu chacun un. — C'est Maurice.
* Minard, Gavaul, Elvire.
Maurice à chacun de vous?
GAVAUT.
Non, madame, non. 11 csl, à l'un ou à l'autre ; seulement, nous ne savons pas à qui.
Comment, vous ne savez pas?
GAVAUT, bas à llianrd.
Nous ne pouvons poui'tant pas avouer que nous ne connaissons pas la mrre.
Ce serait scandaleux.
GAVAUT.
Et invraisemblable.
ELVIRE
Expliquez-vous.
GAVAUT.
Minard, explique un peu à madame ce qui s'est passé.
Il s'efTuce et laisse passer Elvire *.
MINARD, troublé el cherchant.
Cela remonte à vingt ans, Elvire. Ils étaient deux.
GAVAUT.
L'un à Minard.
L'autre à Gavaut.
GAVAUT.
Deux jumeaux.
ELVIRE
Deux jumeaux?... comment, deux jumeaux !
GAVAUT, viveiiienl.
Les mères, les mères étaient jumelles. Les enfants se ressemblaient.
* Minard, Elvire, Gavaut.
118 GAVAUT, MINARD ET C"
On les a mêlés.
Dans le trouble du premier moment.
Puis une nourrice les a emportés.
GAVAUT.
Elle en a oublié un.
Dans le wagon des dames.
Nous l'avons réclamé.
La compagnie ne l'a pas rendu.
Mais elle a payé l'indemnité réglementaire, — cinquante francs, — nous n'aA ions l'ien à dire.
Seulement, nous ne savons plus à qui appartient l'autre.
GAVAUT.
Qui est Maurice. — Vous voyez comme c'est simple.
Oui, oui... je comprends... un entant égaré dans le compartiment des dames... cinquante francs d'indemnité. — C'est le roman moderne à présent ! — 11 m'aime... il veut m'enlever.
MINARD, effrayé.
T'enlever !
ELVIRE, avec un rire convuUif.
Oui, mon ami, oui, tu vois comme c'est simple !
MINARD
Comment 1