‹ Théâtre complet de Émile Augier (volume 2)Chapitre 109 sur 320 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Les Mêmes, SAINTE-AGATHE.

SAINTE-AGATHE, à part.

Ensemble?., très-bien. (Hant.) Excasez-moi, madame, de ne pas avoir profité plus tôt de votre gracieuse autorisation; c*cst le temps et non le désir qui m'a manqué.

OCTAVIE

Puisque vous voilà, monsieur, vous êtes tout excusé.

SAINTE-AGATHE

Monsieur le comte, comment est votre santé?

PRÉVENQUIÈRE.

Florissante, monsieur, florissante. — Je suis charmé de vous voir : nous attendons ce soir un homme que je veux vous présenter.

SAINTE-AGATHE

C'est que je ne comptais pas... je suis moi-même attendu

AGTEDEUIIËME. 197

chez la duchesse de Morvan, qui m'$i chargé d'une petite commission.

OCTAVIB.

Vous connaissez la duchesse de Morvan?

Monsieur est bien heureux, n'est-ce pas?

SÀINTE-AGÀTHE, à part.

Tiens 1 tiens! j'en prends note.

OCTAVIE

Mais, en sortant de chez la duchesse..?

SAINTE-AGATHE

Je vais à une conférence que fait un voyageur sur les mines d'or du Wadaï.

PRÉVENQUIÈRE.

M. de Champlion?

SAINTE-AGATHE

Champlion, précisément.

PRÉVENQUIÈRE.

C'est lui que je veux vous présenter.

SAINTE-AGATHE

Tout est pour le mieux, car j'aurai peut-être à lui parler.

PRÉVENQUIÈRE.

Alors, nous comptons sur vous?

SAINTE-AGATHE, s'asseyant.

Je vous remercie. — Je venais vous annoncer une bien heureuse nouvelle. Vous déplorez, j'en suis sûr, l'étrange ohsiiuaiiun de mademoiselle de Birague à ne pas se marier?

PRÉVENQUIÈRE.

Je lu déplore, en efTert, monsieur ; mais elle a sur ce point ies idées si arrèlécs...

SAINTE-AGATHE

Moins que vous ne pensez... J'étais chargé par mon noble ami, le comte de Yaltravers, d*une mission délicate.

PRÉYENQUIÈRE.

Vous, monsieur?

OCTAVIB.

Ah!

SAINTE-AGATHE

Oui, il rêve une alliance entre son fils, mon vilève, et sa cousine.

OCTATIE.

Ah!

SAINTE-AGATHE

Or, je quitte mademoiselle de Birague.

OCTAVIE

Et elle consent?

SAINTE-AGATHE

Pas positivement. Elle a d*abord beaucoup ri ; j'ai insisté, je lui ai fait entendre la voix de la raison, j*ai parlé aveciéloqaenc« du cœur.,. En fin de compte, elle a demandé du temps pour réûéchirv et je viens réclamer votre appui à tous deux pour achever mon œuvre.

OGTAYIB.

A vous parler franchement, monsieur, nous avons, le comte et moi, un autre candidat.

PRÉYENQUIÈRE.

Oui, le baron d*Estrigaud.

SAINTE-AGATHE

Le baron d'Estrigaud? M. le comte ne parle pas sérieusement, je suppose?

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