‹ Théâtre complet de Émile Augier (volume 2)Chapitre 153 sur 320 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

SAINTE-AGATHE

Moi qui aurais répondu de vous corps pour corps I moi qui, dans ma confiance aveugle, ne croyais pas avoir besoipde vous surveiller !

ADHÉMAR

C'est ce qui m'a perdu.

C'est ma faute, n'est-ce pas?.. Trente-cinq mille francs!

PRÉVENQUIÈRE.

Si c'était tout !

SAINTE-AGATHE

Quoi encore?

PRltVENQUIÊRE.

Il a perdu cette nuit quinze mille francs au jea.

SAINTE-AGATHE

Au jeu I Tous les vices, alors !

ADHÉIttAR.

Presque.

PRÉVENQUIÈRE.

Il avoue au moins. Que sa sincérité vous désarme.

SAINTE-AGATHE

Je payerai.

ADHÉMAR, à part.

Comme il est coulant!

PRÉVENQUIÈRE.

Vous savez que les dettes de ien «e payent Jau .s les vingrtquatre heures ?

SAINTE-AGATHE

y ad donc jusqu'à ce soir.

PRÉVENQUIÈRE.

Mais il y a une circonstance particulière qui nous oblige à vous demandez' la somme tout de suite. Le créancier d'Adhémar est le baron d'Estrigaud...

SAINTE-AGATHE

D'Estrigaud!.. Je trouverai donc toujours cet homme sur ma route ? (a Adhéœar.) Je le verrai aujourd'hui même et je le rembourserai.

ADHtHAR.

Je vous en prie, car il se bat avec ChamplioD, et.««

SAINTE-AGATHB.

Vous le saviez aussi ?

ADHÉHAR.

Et je ne peux pas être à la fois son débiteur et le témoin de son adversaire.

SAINTE-AGATHE

Comment, monsieur le vicomte, votre fiancée est insultée et vous laissez à un autre le soin de la compromettre ?

ADHÉMAR

On ne m'avait pas dit cela. Est-ce exact, monsieur le comte ?

PRÉVENQUIÊRE.

Pas le moins du monde. Autrement, le champion naturel de Catherine, c'est moi, et je vous prie de croire que je n'aurais cédé à personne le droit de la protéger.

Cependant, mademoiselle de Birague est convaincne qu'elle est la véritable cause de ce duel.

PRÉVENQUIÊRE.

Je sais bien; mais Champlion nie comme un beau diable.

Page 1