ACTE QUATRIÈME
SAINTE-AGATHE
Moi qui aurais répondu de vous corps pour corps I moi qui, dans ma confiance aveugle, ne croyais pas avoir besoipde vous surveiller !
ADHÉMAR
C'est ce qui m'a perdu.
C'est ma faute, n'est-ce pas?.. Trente-cinq mille francs!
PRÉVENQUIÈRE.
Si c'était tout !
SAINTE-AGATHE
Quoi encore?
PRltVENQUIÊRE.
Il a perdu cette nuit quinze mille francs au jea.
SAINTE-AGATHE
Au jeu I Tous les vices, alors !
ADHÉIttAR.
Presque.
PRÉVENQUIÈRE.
Il avoue au moins. Que sa sincérité vous désarme.
SAINTE-AGATHE
Je payerai.
ADHÉMAR, à part.
Comme il est coulant!
PRÉVENQUIÈRE.
Vous savez que les dettes de ien «e payent Jau .s les vingrtquatre heures ?
SAINTE-AGATHE
y ad donc jusqu'à ce soir.
PRÉVENQUIÈRE.
Mais il y a une circonstance particulière qui nous oblige à vous demandez' la somme tout de suite. Le créancier d'Adhémar est le baron d'Estrigaud...
SAINTE-AGATHE
D'Estrigaud!.. Je trouverai donc toujours cet homme sur ma route ? (a Adhéœar.) Je le verrai aujourd'hui même et je le rembourserai.
ADHtHAR.
Je vous en prie, car il se bat avec ChamplioD, et.««
SAINTE-AGATHB.
Vous le saviez aussi ?
ADHÉHAR.
Et je ne peux pas être à la fois son débiteur et le témoin de son adversaire.
SAINTE-AGATHE
Comment, monsieur le vicomte, votre fiancée est insultée et vous laissez à un autre le soin de la compromettre ?
ADHÉMAR
On ne m'avait pas dit cela. Est-ce exact, monsieur le comte ?
PRÉVENQUIÊRE.
Pas le moins du monde. Autrement, le champion naturel de Catherine, c'est moi, et je vous prie de croire que je n'aurais cédé à personne le droit de la protéger.
Cependant, mademoiselle de Birague est convaincne qu'elle est la véritable cause de ce duel.
PRÉVENQUIÊRE.
Je sais bien; mais Champlion nie comme un beau diable.