SCÈNE IV
Les MÊMES, CHAMPLION.
PRÉYENQUIÈRE, menaçant gaiement Champlioo aree le MousHfW,
Vous voilà, mon gaillard?
Vous avez In ce journal?
PRÉYENQUIÈRE.
Oui, nous en parlions justement.
cqamplion.
Que dois-je faire?
PRÉYENQUIÈRE.
Ccst fort désagréable, je l'avoue; mais ce que vous a^ez de mieux à faire est de vous tenir coi.
CHAMPLION.
Rester sous le coup de cette infâme calomnie?
PRÉYENQUIÈRE, sotfriaot.
Cest tout au plus une médisance, mon bon ami. VI. 17
ClIAMPLION.
Voiis y croyez donc?
OCTAVIE
Le moyen d'en douter?
CIIAMPLIOÎf.
Et vous aussi, madame ?
PRÉVENQUIÊRH.
Nous y croyons tous.
CHAMPLION.
Vous me méprisez donc bien?
PRÉYENQUIÈRE.
Pas le moins du monde I Vous aimez le plaisir... Quel mal y a-t-il? C'est de TOtre âge.
C£AMPL10N.
Le plaisir? Vous ne voyez là qu'une équipée de jeune homme?
OCTAYIE.
Sans doute. Qu'y a-t-il de plus?
CHAMPLION.
Il y a mon déshonneur, madame! Il y a que je suis atteint en pleine probité, car je n'ai pas le droit d'être un viyeur sous peine d'être un escroc.
PRÉTENQUIÉRB.
Un escroc? Vous rêvez!
CHAMPLION.
Je n'ai pas de fortune, on le sait, je l'ai assez répété. C'est donc avec l'argent de la souscription que je paye mes ripailles! La mine d'or que j'exploite, c'est la crédulité de mes souscripteurs . Et que suis-je alors, sinon un escroc?
ÀÈtE cinquH:më. m
PRÉYENQUIÈBE5 froidement.
Il i&t certain, monsieur, que nous n'avions pas envisfigé la question sous cet aspect.
Et, l'envisageant sous cet aspect, tous gardez votre conviction?
PRÉVENQUIÈRE.
Dame ! comment expliquez-vous que cette créature avoue?
CHAMPLION.
Elle n*a rien avoué ! C'est impossible I Je ne la connais pas! Je ne l'ai jamais vue !
OCTAYIE.
Rien de plus simple alors : invoquez son témoignage*
CHAMPLION.
Cest ce que j*ai voulu faire! Mais elle a disparu depuis hier, et ses gens n'ont pas pu me dire où elle est, ni quand elle reviendra.
OCTAVIl.
C'est fâcheux.
PRÉVENQUlfene.
Eh bien, prenez le taurea»; par les cornes; répondez au journal, opposez bravement la vérilé au mensonge ; révélez la cause du duel, quelle quelle soit... il s'agit maintenant de votre honneur!
CHAMPLION.
Même pour le sauver, je na'i pas le droit de parler.
PRÉVENQUIÈRE.
Alors, que voulez-vou« que je vous dise?
Faites un procès au journal.
Sfe LIONS Et RENARDS.
CHAMPLION.
Vous ayez raison ! un procès ! Ce n est pas à Taccosé de prouver son innocence^, c'est à l'accuftateur de prouver son accusation.
PRÉVENQUIÈRE.
Mais la preuve du fait n'est pas admise en matière de dif* famation.
CHAMPLION.
Si je la permets, cependant? si je la demande? si je Texige?
PRÉVENQUIÈRB.
La loi défend au tribunal de l'entendre.
CHAMPLION.
A quoi me sert d'atteindre le calomniateur, si je ne puis atteindre la calomnie?.. Je suis perdu!.. Aucun moyen de ):ompre la toile d'araignée dans laquelle je me débats! Je n'ai rien à opposer à mes ennemis. . . rien que mou indignation!
PRÉVENQUIÈRE.
Ce n'est pas assez.
UN DOMESTIQUE, apportant uoe lettre à PréTADqoièni.
De la part de M. d'Estrigaud.
Enfin ! (u ouvre.) c Messieurs, je vous adresse la décision des amis que j'ai consultés... »
Il eontioue sa iectare & voix basse ; pois il tend la lettre & Champlion d'oa air consterDé .
OCTAVIE, à demi-voix.
Qu'est-ce donc ?
PRÉVENQUIÈRE.
Pauvre garçon!.. Venez.
li sort avec elle. Catherine ies suit jusqu'à la porte, et s'arrAte mi r «fardial Cbamplion.