‹ Théâtre complet de Émile Augier (volume 2)Chapitre 17 sur 320 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

LÉA

Âhl TOUS me méprisez, monsieur...

FORESTIER, après nne hésitation.

Ehl mon Dieu, nonl Car si faute jamais fat digne de pardon. C'est la vôtre, pauvre âme à son début blessée, Paxiifi. bonheur lép;»! ^fTfttll'l fit rftP""***^*^. A qui le sort mauvais, pour Tempêcher de choir, / N'a pas même laissé l'obstacle du devoir.

LÉA

Ah ! que vous êtes bon de parler de la sorte ! Comme votre parole est douce, et réconforte ! Elle sait relever, par sa seule vertu.

Le front baissé non moins que le cœur abattu. ■' Que m'importent l'estime et l'amitié des autres. Pourvu que, dans ma chute, il me reste les vôtres ?

C'est peu de mon estime et de mon amitié, Pauvre enfant ; joignez-y ma profonde pitié;

LÉA

De la pitié ? Mais non, je ne suis plus à plaindre, N'ayant plus désormais votre mépris à craindre. L'effroi dont mon bonheur était empoisonné, C'était par vous un jour de se voir condamné.

Hélas ! ce n'est pas moi de qui l'arrêt émane; ^

Mais une loi fatale à périr le condamne.

Le condamne? et pourquoi?

jjj^ Parce qae votre époux \ Vous tient rivée, encor qu'il n'ait plus droit sur vous^

30 PAUL FORESTIEK.

Et que TOUS ne pouvez faire à mon fils la vie A laquelle la loi du monde le convie.

LÉA

Ah! tant qull m'aimera, Paul n'aura pas besoin...

FORRSTIER.

Tant qu'il vous aimera, c*est justement le point I Car l'amour, n'étant pas éternel par essence, S'éteint avec l'ardeur qui lui donna naissance Quand la^aternitéj^sc^lJCUMpJéraentjii^^^ Ne:vienipaâJ.ejiû.iJbler d'un seniiJBvent sans fin.

— C'est h^ force et l'honneur de ce vieux mariage Que jgul il peut for ger'^e" solide alllager;

Et qu'en dehors de lui les enfants^^s'U .gîjjôfijit. N'étant qu'à Xundes^eux, ne sont pas un lien.

— Ah! si vous étiez libre au jburdlTuîTsur mon âme, Je ne chercherais pas à Paul une autre femme,

Et je renoncerais à des projets bien doux. Certain de l'avenir, s'il était votre époux... Bien que d'un an ou deux, je crois, étant l'aînée, A vieillir avant lui vous soyez destinée ; Mais il n'importerait alors, car les parents Ont un âge commun, celui de leurs enfants ; Tandis que... *

Achevez donc! Croyez-vous que j'ignore Que, dans dix ans d'ici, Paul sera jeune encore, . Et que je serai vieille, et qu'il me quittera?

Non ! vous l^ gar4erQZj jnais il vous haïra.

LÉA

Jamais ! le jour venu de la triste échéance.

Je m'exécuterai sans vaine doléancc.

Et je le pousserai vers ses destins meilleurs,

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