ACTE PREMIER
Le sourire à la lèvre et refoulant mes plears. — J'expirai durement alors ces dix années ; Mais j'en conserverai du moins les fleurs fanées, Et, dans la solitude où mon sort doit finir, Mon cœur s'entretiendra de leur cher souvenir.
FORBSTIBR. "-^ —
Quand on récapitule en approchant du terme, Croyez-moi, ce qui compte et nous rend le cœur ferme. Ce qui mérite seul d'échapper à l'oubli, Ce n'est pas le bonheur, c'est le devoir rempli.
LÉA
Ma\^ je n'ai de devoirs, hélas ! envers personne.
Toute positiomiuumepu mauvaise, en donne... D'autant plus grands peut-être et d'autant plus ardus, Quand ils sont le rachat des bonheurs défendus.
Le vôtre est, pnvprc Pan^ ^^ fr^yprcAr c^ vÎq
Comme un bon ^T^gA, et non fiomnnp wx\ ^nvn^Q génie, Et de ^attendre pas pour ;^ous en eflacer Qu'il ait passé le temps de la recommencer.
LÉA
Rompre... à présent?
Oui!
LÉA
Non ! c'est trop ! non ! je résiste I Votre amour paternel devient trop égoïste.
'^^€k>mme tous les amours absolus.
LÉA
N'a-t-il pas droit de l'être aussi?
Et le mien,
PAUL FORESTIER. f
FORESTIER, tristement.
Je le vois bien.
LÉA
Vous êtes étoîinants, vous autres! Qu*on réclame Un sacrifice amer, c'est toujours à la femme !
'est notre lot, à nous que Tabnégation !
our riiomme, il ne saurait en être question!., r
Le vieillard qui vous parle ici de sacrifice
En a, jusqu'à la lie, épuisé le calice
Pour ce même garçon que nous aimons tous deux...
Mais que j'aime bien plus et, j'ajoute, bien mieux.
LÉA
Plus et mieux, dites-vous? Abl je vous en dêffel
Je mesure l'amour à ce qu'il sacrifie !
J'ai renoncé, — de là mes premiers cheveux blancs,—
Non aux plaisirs toujours menacés et tremblants
De cette liaison qui rougit et sS cache,
Mais aux félicités sans nuage et sans tache
D'une union bénie au grand jour, à l'autel.
Avec un cœur profond et pur comme le ciel,
La mère de Camille, enfin, votre cousine.
LÉA, s'inclinant.
Une sainte, en eiiet,... noble et douce Pauline! Maiî^ je cherche quel mal eût fait à votre fils?,.
Ah ! les cœurs des enfants ont d'étranges replis! Paul avait en silence appris cette nouvelle, Mais le chagrin couvait dans sa jeune cervelle ; Il était taciturne, il perdait l'appétit; Puis la fièvre survint, le délire le prit...