ACTE DEUXIÈAIE
HORTBNBB.
G*est trop jaste.
J'ai précisément une idée admirable et un peu aventa* reuse comme Jonquières les aime ; si tous obtenez de lui qu'il Tadopte...
HORTENSB.
Vous m*en demandez beaucoup.
ROBLOT
Bah! ne vous fait-il pas un peu la cour?
HORTENSB.
C'est pourquoi je ne voudrais pas lui avoir de trop grandes obligations.
ROBLOT
Soyez donc tranquille. Quand il devient trop pressant, on n'a qu'à faire semblant de faiblir; il prend son chapeau et s'en va en disant : « Je saurai qui m'a joué ce tour... v
HORTENSB.
S'il n'est pas plus dangereux... Mais revenons à mds moutons. Où sont-ils?
ROBLOT, s'aueyant de l'antre côté Ma tabl«é
Dans le coffre de votre mari.
HORTENSB.
Mais je n'ai pas la clef.
ROBLOT
Je vous l'apporte : Si vous n'avez pas recours à M. de Montlouis c'est de peur d'une scène, n'est-ce pas? de peur de lui donner barres sur vous?
HORTENSB.
San» doute, après?
328 JEAN DE ÎHOMAlEIlAY.
ROBLOT
Si je vous donne barres sur lui? Si c'est lui qui se trouvftrop heureux de payer sa liberté?
HORTENSE
C'est tout différent.
ROBLOT
Voilà précisément le service que j'ai le bonheur de pouvoir vous rendre. — Je ne vous apprendrai rien en vous disant que votre mari n'est pas un modèle de fidélité...
HORTENSE
Ilyalongtemps que j'en ai fait mon deuil... sans avoir de preuves positives, malheureuscmcut.
ROBLOT
J'en ai.
HORTENSE
Ahl mon cher Roblot, vous ne vous doutez pas du soula^ fçement que vous me procurez. .. Parlez vite I
ROBLOT
Vous me jurez de ne pas lui dire d*où vous tenez vos informations?
HORTENSE
Je vous le jure.
ROBLOT
Eh bien, madame, il commandite depuis un mois une ingénue nommée Blanche de Montglave, dont il est éperdument amoureux et jaloux comme un tigre.
HORTENSE
Jaloux, lui? Il ne m'a jamais fait tant d'honneur.
ROBLOT
U tremble devant elle comme un petit garçon. Ici, c'est