‹ Théâtre complet de Émile Augier (volume 2)Chapitre 238 sur 320 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

BLANCHE

Ah ! ce serait le rêve.

ROBLOT. '.-

Il est près de se réaliser.

BLANCIÏK.

Un oncle d'Amérique?

ROBLOT

Un beau-père d'Amérique.

BLANCHE

Hein?

ROBLOT

Je suis en train de marier le vicomte.

BLANCHE

Et tu me dis cela, à moi?

ROBLOT

Qu'est-ce que ça le fait? Est-ce qu*on te quHte, toi?

BLANCHE

Mais je ne veux pas le partager!

ROBLOT

Tu le partagerais si peu ! La future est si laide!

BLANCHE, déCante.

Vraiment laide? i

ROBLOT

Et béte à faire plaisir.

BLANCHE

Elle est donc bien riche ?

Trois millions et six autres en espérance.

404 JEAN DE THOMMERAT.

BLANCHE

Mais ce n'est plus nn mariage, c'est ui:i héritage...

ROBLOT

C'est moins gai, mais on prend ce qu'on trouve.

BLANCHE

C'est égal, je ne venx pas, je l'aime trop.

ROBLOT

Remarque donc que da même coup il rompt avec femme du monde.

BLANCHE

Tiens, c'est vrai.

ROBLOT. f

Et c'est celle-là qui est belle !

BLANCHE

Tn la connais?

ROBLOT

Un œil bleu loDg comme ça, une taille, des pieds, des mains!

BLANCHE

Et les cheveux?

Pas comme les tiens, non, mais un fin duvet- au coin des ^vres...

BLANCHE

Des moustaches!., je la déteste!

ROBLOT

Maintenant si tu veux faire une esclandre, libre à toi ; voilà l'héritage à vau-l'eau.

>«. BLANCHE, b' asseyant.

Je n'en ferai pas, je te le promets.

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