‹ Théâtre complet de Émile Augier (volume 2)Chapitre 244 sur 320 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

JEAN

Elle et ses deux millions.

HORTENSE

Ces gens^là ne doutent de rien ! Ils proposent leur alliance avec une désinvolture toute princière !

JEAN

Permettez! La proposition n'a rien d'offensant, et plus d*un 7 regarderait à deux fois avant de la repousser. Deux millions sortant de la poche d*un honnête homme et apportés par une charmante jeune fille...

HORTENSE

Charmante? Une petite sotte, affolée de noblesse, qui déplore la mésalliance de sa mère, qui méprise son père, et qui d'aiilears a bien raison...

JEAN

Je vous arrête, ma chère. M. Jonquières nVt-il pas une réputation excellente?

HORTENSE

Oh! il n*a pas s^hi la moindre condamnation, je Tavoue. Il est reçu partout, mais... il n'est accueilli nulle part. C'est un lourdaud rusé que Dieu semble avoir enrichi pour montrer le cas qu'il fait de la richesse. — Ce n'est pas là une famille où vous puissiez entrer. Vous vous marierez, mon ami; je n'ai pas l'égoïste prétention d'absorber à mon profit votre existence tout entière ; mais reposez-vous sur moi du soin de votre bonheur. Je veux que votre mariage ne soit pas un marché, je veux que votre femme soit si charmante qu'il ne vienne à l'esprit de personne de demander si elle est riche ou pauvre ; je veux que l'éclat de sa dot pâlisse devant sa grâce et sa beauté.

Mais, chère Hortense, où prendrez-vons cette merveille?

ao JEAN PB THOMMERATo

HORTENSE

Je la chercherai, je la trouverai. C'est moi qui lui apprendrai à vous aimer... Cher Thomé! c'est pour moi que vous avez refusé cette fortune... J'ai Tair d'une ingprate, mais au fond du cœur, je vous en sais autant de gré que si votre refus était une folie. . . Je suis heureuse, hien heureuse... et pourtant je suis triste; jusqu'ici il ne m'était pas venu à la pensée que vous pouviez vous marier. (s« j^timt à flon ooa,) Jure-moi que tu ne te marieras jamais 1

Oa entend grincer la clé dans la serrare de la porte da fond. HORTENSE, effrayée.

Quelqu'un !

JEAN

J^ai mis le verrou

MONTLOUIS, an dekon.

Thommeray !

HORTENSB.

Mon mari!

MONTLOUIS, do dehors.

Vous êtes chez vous, puisque la clé est sur la porte et le verrou poussé,.. Ouvrez, j'ai à vous parler!

U frappe.

HORTENSB.

Je suis perdue...

MONTLOUIS, dn dehors.

Faites-vous la sieste? Réveillez^ous, quo diahle ! C'est important !

Il frappe à ooops redoublés.

JEAN

Il va ameuter tout l'hôtel. J'aime mieux le recevoir... Entrez là. Je l'aurai bientôt congédié.

Hortense entre daai la chambre à droite ; Jean ya oorrir la porte dn fond à Montlouis.

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